
Quel clip ! Et quel morceau ! Est-ce ainsi que l'on reconnaît les vrais bons groupes ? A la qualité des morceaux choisis pour représenter et lancer un album ? C'est en tout cas une bonne pioche pour le quatuor américain Disappears, qui, après l'arrivée de Steve Shelley de Sonic Youth en son sein, présente "Replicate", meilleur titre et parfait morceau de rock tendu et sombre, issu de son troisième album, l'impeccable Pre Langage.De Disappears on a déjà tout dit. Classe, rigueur, froideur, hargne, minimalisme, violence contenue, abrasion, électricité. La formation de Chicago a toutes, mais alors vraiment toutes, les qualités d'un grand groupe de rock "classique". Brian Case et sa bande sont peut-être même à l'origine du dernier artefact de ce genre. Le leader de Disappears ne s'en cache d'ailleurs pas, son groupe est un éternel hommage à tout ce que ces quatre-là aiment dans le rock. En tant qu'hymne pour le moins ironique à l'obsession de la redite et de la copie actuelle (la Rétromania dirait Simon Reynolds), "Replicate" est aussi un bel exemple de renouvellement discret. Car oui, en effet, des changements apparaissent dans le son Disappears sur ce titre. Avec "Replicate", Disappears fait sonner le rock US comme de la new wave ! Un effet que l'on doit certainement à l'ajout d'une omniprésente et enveloppante réverb' très "british", qui donne à ce morceau un faux air de Wire première version (pensez ) ou même de Joy Division.La vidéo également, projette le rock des 00's dans les années 80 : la grisaille et la froideur, quelques arcs lumineux (électriques ?), un paysage déshumanisé de verre et de métal, et un montage géométrique. Une esthétique que n'aurait certainement pas renié Peter Saville, le graphiste à l'origine des fameuses pochettes du label de Tony Wilson, Factory, ainsi que des affiches de concerts de la Hacienda. Reste à trouver la réponse "Is This Real ? Or Replicate ?"...
Par Maxence