
On avait annoncé il y a quelques mois la reformation pour une série de concerts d'été (festivals essentiellement et tournée anglaise enchaînée) du meilleur groupe de Sheffield de tous les temps, Pulp. C'est fait. Têtes d'affiche du festival espagnol de Primavera, la formation emmenée par Jarvis Cocker a effectué sa grande rentrée publique en électrisant une audience de plusieurs dizaines de milliers de fans. Monté comme un best-of et avec une set-list quasi idéale, le retour de Pulp a été accueilli avec le plus grand enthousiasme par le public barcelonais. Formé en 1978, Pulp n'a rencontré un vrai succès qu'à partir du milieu des années 90, devenant en 1995 l'un des fleurons décalés du mouvement brit-pop avec l'essentiel , meilleur album de l'époque. Le cru 2011 réunit le groupe au grand complet dans sa formation la plus connue (soit Jarvis et 5 acolytes dont Russell Senior, revenu pour l'occasion) et a réussi, d'après les vidéos en ligne, à restituer de manière impeccable l'énergie mi-cynique, mi-humoristique du groupe. A 47 ans, Cocker est toujours aussi convaincant, vocalement brillant et showman inspiré. Le set a évidemment fait la part belle à et Different Class, recueilli le plus d'encouragement sur les hits générationnels que sont devenus avec les années "Do You Remember The First Time ?" ou "Common People". On ne sait pas encore si on aura la joie de réentendre les "Yeah yeah yeah" du grand échalas dans l'hexagone mais on croise évidemment les doigts. La musique de Pulp se prête parfaitement à une reformation nostalgique : tournée vers l'enfance, la conquête de l'âge adulte et de la liberté. Leur son, diront les mauvaises langues, était déjà daté à leur grande époque avec ses structures répétitives et l'orgue farfisa de Candida Doyle. Sur chaque morceau, l'outsider Cocker s'extirpe de son milieu pour tenter d'accéder au niveau supérieur. Ce parcours du combattant, de l'homme, du chanteur, du groupe, des classes défavorisées est la véritable signature du groupe, telle qu'elle s'est imposée sur Different Class, à l'image de l'emblématique et toujours génial "I Spy". Cocker, c'est le plombier ou l'employé de la poissonnerie qui vient baiser dans vos draps de lin, c'est celui qui se masturbe dans votre soupe au restaurant, le lumpenprolétaire de Fight Club et le seigneur venu de nulle part. Les plus anciens fans resteront un poil sceptique quant à ce premier concert aux titres largement attendus. Il faudra attendre les vrais concerts pour que réapparaissent des titres plus anciens comme "My Legendary Girlfriend". Pour l'heure, seul "Babies" l'immense morceau vu du placard est de la partie et ce n'est déjà pas mal. On a apprécié aussi la présence du superbe "Bar Italia", où comment un geezer vient se finir dans un bistrot au petit matin. Magistral. Comme l'a dit Cocker qui avait sans doute préparé sa phrase "Il ne s'agit pas d'histoire ancienne. Nous sommes venus pour écrire l'histoire." Pensez-vous qu'il en fasse un peu trop le Jarvis ?
Pulp - Primavera - Début du concert Retrouvez Pulp et Jarvis Cocker dans - En vidéo : Jarvis Cocker devient prof d'aérobique pour bambins- En vidéo : Les danses bizarres des musiciens- La Britpop en vidéos
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