On the eve of war : Jedi Mind Tricks, le Wu, Tyson et Karl Jenkins

03/11/2008 - 10h44
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 Sur la récente et excellente (on y revient) compilation éditée par le Wu Tang Clan, , figure le remix d'une chanson de Jedi Mind Tricks par le mystérieux "Julio Caesar Chavez" (un boxeur mexicain légendaire) qui mérite à elle seule l'achat de l'album. "On the Eve of War" est l'un de ses titres incroyables dont ne pas parler constituerait une véritable faute professionnelle. Si Jedi Mind Tricks est un bon rappeur, affilié au Wu Tang Clan depuis plusieurs années (il est blanc, du reste, ce qui n'est pas si fréquent), la version originale de son titre, chantée avec GZA, l'un des tauliers du collectif kung fu, ne vaudrait pas tout le bien qu'on en dit si elle n'était transcendée, dans cette version sortie en même temps que l'originale, par l'adjonction fort à propos d'un sample du compositeur gallois Karl Jenkins, tiré de son morceau phare -le plus connu, disons - "Palladio". Le titre remixé est un hommage et une référence au combat (de boxe) épique qui opposa Caesar Chavez à Meldrick Taylor en mars 1990 pour le titre de champion du monde. Le match est un de ses matchs du siècle qui méritent leur nom puisque les deux hommes (le puncheur américain Taylor et le supertechnicien Chavez) s'opposèrent jusqu'au round final qui connut un rebondissement extraordinaire. Alors que Chavez était mené aux points assez largement, il assaillit son adversaire de coups dans la dernière reprise, amenant l'arbitre, dans une décision controversée, à déclarer son adversaire, coincé dans les cordes, KO à deux secondes de la fin du match. Le texte d'On the Eve of War évoque la pugnacité du rappeur, sa vitesse et sa précision comparée à celle du boxeur. GZA chante avec sa langue rasoir : "There is no escaping once my blade start scraping / my sword indeed make more niggaz bleed / Wanabe of the mc's is shaken / So swift naked eye couldn't record the speed." Sur le clip d'illustration, le montage est fait encore une fois avec beaucoup d'intelligence autour d'images d'un autre champion, plus connu celui-là des profanes, Mike Tyson. Le télescopage du boxeur, du rappeur et du sample de Karl Jenkins est un bonheur pour les yeux et pour les oreilles mais également une belle leçon de choses autour de la virtuosité nécessaire aux meilleures productions hip-hop. La version de Palladio conduite par Jenkins ne doit pas faire oublier (si elle fait pâle figure par rapport au montage précédent) que ce Gallois de 60 et quelques années a livré quelques pièces incroyables (utilisées pour la plupart dans des publicités) et aussi été l'un des membres fondateurs du collectif Soft Machine. Jenkins a joué et composé pour tous les types de musique, du jazz au prog rock en passant par des orchestres symphoniques et avec un bonheur quasi égal. Ceux qui aiment la musique classique iront écouter son cycle Adiemus, une série d'albums qui place la voix au coeur du dispositif musical, comme si elle était un instrument comme un autre. C'est dit.

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