Mongrel est dans la place : politique et hip hop

06/04/2009 - 15h23
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Mongrel est dans la place : politique et hip hop

 

Mongrel ressemble à un super-groupe sans en être un tout à fait. Formé en 2008 par le bassiste des Arctic Monkeys Andy Nicholson, le bassiste des Babyshambles Drew Mc Connell, John Mc Clure et Joe Moskow des Reverend and the Makers, la superstructure est finalement meilleure que la somme de ses parties, oeuvrant, il faut l'avouer, dans un tout autre registre que les groupes à guitares.

 

 

 

Si Mongrel (bâtard/mélangé en anglais, référence au melting pot musical et ethnique qui compose le groupe) est la révélation hip hop (musiques urbaines, sic) de ce début d'année, ce n'est pas tant parce que, pour la première fois, l'album d'un nouveau groupe a été distribué gratuitement par un journal (de gauche) : The Independant, que parce que le groupe renoue de bien belle manière avec l'engagement politique et fait exactement ce qu'il faut pour plaire à tout le monde. Engagement. Bons sentiments. Anti militarisme. Solidarités raciales...

 

 

Organisée autour de musiciens et de rappeurs invités, la musique de Mongrel est une critique en règle du gouvernement, du racisme ethnique et social qui, selon ses têtes pensantes, ravage l'Angleterre. Avec son rappeur d'origine irakienne, Low Key, le groupe bénéficie d'un porte-voix terriblement original et légitime pour parler de terrorisme et de la multiplication des contrôles au faciès. L'album est un mélange sonore aussi audacieux que son affreuse pochette. On y entend de la soul, du rap, des riffs assez puissants, de la guimauve ainsi que beaucoup de prêchi-prêcha en faveur ou en défaveur de tas de trucs cool ou uncool : la guerre, la paix, les noirs, le rock, l'aide sociale, l'Irak, le terrorisme... Les voix sont tantôt époustouflantes, tantôt horripilantes, sans que cela retire au disque sa fraîcheur, son énergie et sa formidable envie de faire le show, comme on dit à la Nouvelle Star. Un peu fatigant par son engagement justement, le groupe parvient grâce à Mc Clure notamment (et à son bel organe) à livrer quelques titres imparables comme le flippant "Julian", à la limite du psychédélisme et du grand n'importe quoi qui marche. A l'échelle du disque, ferait passer n'importe quel album de Gorillaz comme un modèle de cohérence sonore.  A l'image de ce qu'il sert sur scène, Mongrel est une belle machine de guerre un brin hype mais qu'il ne faut ni surestimer, ni sous-estimer. Une bonne surprise comme on en a eu un certain nombre déjà en 2009.  Edit : Pour rappel le groupe devait être en concert en France dans les jours à venir, mais les dates de Marseille, Lille, Strasbourg et Paris ont été annulées. 

Mongrel - Live

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