
Quelque part en 1983, lors d'une célébration à l'américaine (un show en l'honneur de James Brown à Atlanta?), quelques centaines de veinards ont pu voir ce qui n'arriveraient plus jamais par la suite : la réunion de la Dream Team des musiques noires américaines de la seconde moitié du vingtième siècle, Michael Jackson, James Brown et Prince. Si on a glosé beaucoup ces derniers jours sur la vie de reclus menée par le Roi de la Pop, il ne faut pas oublier que Michael Jackson, avant d'être un artiste solo extraordinaire, était aussi un homme de compagnonnage : obligé avec sa grande famille au sein des Jackson Five, puis choisi avec Quincy Jones en producteur compositeur majeur, en duo avec son idole Diana Ross, Paul Mc Cartney, puis, plus tard, Will I.Am pour un album perdu et jamais achevé qui, parions-le, surgira sous une forme ou une autre d'ici 1 an ou deux. Jackson cherchait les collaborations et aimait le contact musical. Certains diront que ses alliances de circonstance relevaient d'un plan marketing bien huilé et madonnesque. Cette brêve séquence historique dit à peu près tout le contraire. James Brown était pour lui un modèle musical, un monument auquel il payait régulièrement tribut. Avec Prince, les relations auront été assez étranges. Une rivalité fut montée (de toutes pièces?) et trouva son apogée au milieu des années 80. Ceux (même blancs) qui n'ont pas connu la période où les deux se tiraient la bourre en Europe à coups de chefs d'oeuvre : vs , ne peuvent pas comprendre ce qui se passait alors. Jackson, déjà, était accusé d'avoir trahi ses frères : il essayait de devenir blanc. Prince portait encore une coupe afro (affreuse) en mode mulet et épousait la musique rock. Les deux hommes s'évitent à l'image de cette vidéo et Prince refuse l'invitation de MJ qui lui proposait un duo sur Thriller. Faut-il y chercher là une raison de cet évitement manifeste sur scène ? Prince, un peu shooté, empoigne sa guitare. MJ chante comme un dieu et se met à danser, chacun s'installant d'emblée dans sa spécialité, la danse vs la musique. Etrangement, et bien qu'on préfère nettement le nain de Minneapolis à Bambi, il est à peu près clair aujourd'hui que l'importance du second dans la mort et la légende dépassera (sociologiquement et sûrement musicalement) celle du premier. Dans leur duel à distance, Jackson a tout gagné sauf le droit de sortir à l'air libre et de jouer encore de la musique. Il y a quelques mois les sites de fans de Prince avaient bruissé d'une rumeur folle : puisque les deux stars habitaient désormais la même ville (Los Angeles), une rencontre et un single commun pouvaient-ils de nouveau s'envisager ? Personne n'avait démenti mais l'événement paraissait assez peu crédible. Les deux hommes ont suivi jusqu'à la fin des voies opposées. En 2009, Prince n'avait plus besoin de MJ, de maisons de disque, ni de personne pour exister. Michael Jackson avait abusé du marketing et du marchandising au point d'être un artiste sous assistance commerciale artificielle. Prince revenait avec de bons disques distribués gratuitement, MJ refilait des coffrets brochés et n'enregistrait plus rien qui vaille. Prince aimait les femmes. MJ était l'ami de Liz Taylor. Un jour pourtant, ils s'étaient croisés.
MJ, James Brown and Prince on stage
Voir aussi- d'ailleurs vous êtes plutôt Michael Jackson ou Prince ?- diapo, meilleurs clips, portrait, vidéos... c'est l'hommage de la rédac de Flu à Michael Jackson