Les oubliés de la pop : The Shamen, éternels

14/08/2008 - 11h38
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  Qui aurait l'idée de se souvenir de The Shamen, groupe électro indie du début des années 90 ? Bah nous pardi, pas parce qu'on aurait continué à écouter leurs disques (il faut être pervers pour ça) mais parce que les Shamen ont fourni en leur temps une poignée de singles imparables et emblématiques d'une culture en devenir. Venus d'Aberdeen en Ecosse avant d'alunir à Londres où ils se retrouvèrent au centre de la culture house en plein essor, ils rencontrent le succès qu'au bout de quelques années. Le groupe explose avec son single phare, le très écoutable et planant Move Any Mountain, extrait de leur 3ème opus. La formation incorpore, en appui de son leader l'excellent Colin Angus, le rappeur et DJ Mister C qui transformera leur son en quelque chose de véritablement original : un mélange de techno rap assez innovant et qui fait d'eux l'un des premiers groupes transgenre de la période. Le flow de C qui rejoint le groupe après plusieurs collaborations confère un caractère humain et festif à une musique qui tenait plutôt jusqu'alors d'une transformation robotique de la new wave. Avec leur album suivant, Boss Drum, les Shamen deviennent les papes de la culture néopsychédélique, celle qui repose presque intégralement sur l'usage de drogues à des fins festives. Le groupe collabore avec Terrence Mc Kenna , l'écrivain adepte du shamanisme, des théories du chaos et ami de la cybergénération anglo-saxonne sur l'album Re-evolution. C'est là qu'on en vient à "Ebeneezer Goode" et à son refrain magique pro-ecsta 'Eezer Goode, 'Eezer Goode / He's Ebeneezer Goode". Le titre fait l'événement et monte très haut dans les charts au point de valoir au groupe un message mémorable à Top of The Pops sur la BBC. A une heure de grande écoute, les références implicites de la chanson à la fumette ("Has anybody got any Veras?", réference à Vera Lynns, argot pour du papier à rouler ou "Got any salmon?", référence à l'expression "salmon and trout" qui désigne en argot carcéral le tabac). Alors que les responsables de la chaîne avaient fait promettre au groupe quelques aménagements du texte, Angus et Mr C en profitent pour souligner les mots et fragments qui dérangent, déclenchant une belle polémique qui agita la presse anglaise la semaine suivante. Paradoxalement, le succès monstrueux d'Ebeneezer Goode sonne la fin des Shamen qui y perdent leur crédibilité underground et sont accusés d'avoir vendu leur âme au diable. Le groupe passe plus de deux ans à vivre sur son succès, entre remixes, versions club et sorties/ressorties de ses titres magiques, avant de produire en 1995 un nouvel album qui se fait descendre par la presse (Axis Mutatis). Si l'album principal est décevant, le pressage originel d'Axis est agrémenté d'un album ambient entier qui prouve que le groupe en a encore sous la pédale question innovation. En 1998, el groupe arrête définitivement et se sépare de sa maison de disques One Little Indian, entretemps enrichie par le succès de Björk. Comme souvent dans notre rubrique, les membres des Shamen plongent dans l'anonymat (électro ici). Mr C refait le DJ et parvient à s'acheter une boîte de nuit à Londres, en même temps qu'il fait de la musique sous le pseudonyme de Sycophant Slags. Colin Angus, l'âme des Shamen, travaillerait désormais sous le nom de Pablo Sandoz, groupe inconnu au bataillon. Lire notre Histoire de la Rave 

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