Mise à jour du 27 octobre 2008 : voir l'entretien vidéo avec Lykke Li
Disons-le, tout de go, franco : on est tout de suite tombé amoureux de Lykke Li (prononcer "lick-euh-lee"). Enfin, dès qu'on a vu ce clip "I'm good, I'm gone", à la séduction - c'est vrai - un peu malsaine. Un univers visuel froid, sombre, malade, que l'on doit à l'excellent Mattias Monteiro (auteur et/ou directeur de la photo de vidéos souvent superbes, notamment pour The Prodigy, Bat for Lashes, The Concretes, Stina Nordenstam et Basement Jaxx), où l'on croise des fillettes flippantes tout droit échappées de Shining (qui inclinent la tête comme des marionnettes), des personnes âgées rampant par terre le sourire (rictus) aux lèvres, ou encore de livides hermaphrodites bodybuildé(e)s en maillot de bain. Tout ce beau monde, échappé d'un cauchemar de David Lynch ou d'un fantasme de Matthew Barney(ou l'inverse), s'ébroue dans un décor indéfini, qu'on imagine être un lycée, à moins que cela ne soit un hôpital psychiatrique. Couloirs interminables au lino brillant, alignement géométrique de casiers, salles obcures...Brr! Cette atmosphère, aussi rassurante qu'une visite dans un asile d'aliénés un soir de peine lune, est illuminée par la présence de Lykke Li. A l'aise dans ce terrain de jeu anxiogène, le sourcil froncé, la Suédoise danse le swing des fous avec sérieux, prête à boxer. Ce sourcil froncé d'ailleurs, c'est le détail qui tue. Un peu comme le charme du léger sourire en coin d'une autre blonde scandinave, prénom Scarlett. Mais on s'égare. Le tître "I'am good I'm gone", outre sa mise en image réussie, est un authentique tube de power pop synthétique. Produit par Björn Yttling (de Peter Bjorn and John), subtil, rêveur et punchy, il rend justice à la voix cristalline de la nouvelle égérie made in Sweden, à peine âgée de 22 ans. Long live Lykke!
Par Eric Vernay Follow @ericvernay