Le popping va-t-il défoncer la tecktonik ?

15/08/2008 - 14h43
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 La tecktonik aura fait long feu. Le mouvement est en passe d'être renvoyé aux oubliettes de l'histoire par une nouvelle vague venue d'Asie : le popping. Pas la peine de changer les fringues, l'esthétique criarde à carreaux élargis à l'oeuvre chez les amis de Lorie peut tout à fait être réutilisée pour se saper popping. A regarder les images de ce qui nous est vendu un peu partout dans la presse spécialisée (et non spécialisée - signe que ça bouge du côté de la hype), le popping comme nouveau phénomène de mode ressemble clairement à une arnaque : le truc ne se distingue pas vraiment de la danse hiphop, du smurf, du breakdance tendance robot, et donne une impression évidente de déjà vu.Après une petite recherche, on se rend compte que cette danse soi-disant nouvelle serait arrivée de Californie à la fin des années 70. Le combo Electric Boogaloos, groupe de dance et de funk, est considéré comme son inventeur officiel même si d'autres réclamations en paternité ont été faites. Pour les puristes, ce serait le groupe Close Encounter of the Funkiest Kind (impeccable pour un futur oublié-de-la-funk) qui aura montré la voie au tout début de la décennie. Pour la vulgate, et peu importe les grands débats, le popping est avant tout une danse urbaine basée sur la contraction en rythme de tous les muscles du corps (le ticking) et qui connaît un revival maousse au Japon. A l'inverse du breakdance et du smurf, c'est une danse qui se pratique exclusivement debout : pas question ici de faire des roulades, des toupies, de tourner sur la tête, le cul ou tout autre organe : le popper (ne pas confondre avec Popper's) se danse droit et fier comme Artaban. Parmi les différentes facettes du mouvement, on trouve quelques spécificités qui ont essaimé dans les autres types de danse urbaine comme la fameuse technique du robot, le waving (faire des vagues avec son corps comme si on était l'Océan Atlantique) ou encore le spectaculaire Tetris, variante humanoïde du fameux jeu où l'on fait tourner les pièces pour composer des lignes. Dans sa version japonaise, le popping est donc un mouvement infiniment plus branché que la tecktonik belge attitude, dont le top de la branchitude est le Liquid pop. Cette dernière spécialité consiste à prendre son corps non pour un... corps mais pour un liquide ou un fluide. Le liquid pop dancer abandonne alors la ligne droite pour la ligne courbe. Il danse comme Plastic Man en essayant de contourner les limites naturelles fixées par son squelette et ses articulations. Ce nouveau développement du popping, qu'on rencontre aussi dans l'univers des ravers, repose sur l'idée que la danse peut amener à quitter son enveloppe corporelle et à faire fusionner l'homme avec les éléments. Il est toujours impressionnant et curieux de voir que ce type d'art repose sur un socle théorique aussi élaboré et sérieux alors qu'il finira massivement dansé par des ados mal fagottés et à moitié bourrés sur le parking d'un Macumba. A vos sneakers, poppez !

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