Disons le tout net, Le Mans est plus connu pour ses courses automobiles (débiles) et ses rillettes (cancérigènes) que pour la qualité de sa fête de la Musique. Alors que son Zénith, assez proche de Paris, est souvent utilisé par les grandes stars populaires (la Star Ac, Noah et d'autres) pour rôder leurs spectacles avant tournée, la ville n'accueille qu'assez peu de manifestations rock intéressantes. La scène hardcore est vivace autour de l'Oasis (une salle de concert qui concentre une scène métal et indé hard dynamique), la veine classique florissante autour de l'Abbaye de l'Epau et de son superbe festival, ainsi que la scène jazz sublimée annuellement par un festival exaltant et qui vient de s'achever il y a quelques semaines.
A côté de ça, il faut se contenter de peu et donc de cette fête de la musique qui présente souvent les travers de l'exercice : des groupes amateurs (goûtez l'euphémisme) qui jouent de la musique de genre (du dub, du ragga, de la techno, du rock, n'importe quoi) à chaque coin de rue. L'exercice est démocratiquement construit (chacun son bout de trottoir) et ne permet guère qu'une déambulation badine au hasard des mauvaises rencontres et des (trop rares) emballements d'un soir. Difficile de dire à l'avance quelle musique attirera notre oreille cette année, mais il faut du courage et de bonnes baskets souvent pour dénicher un groupe qui ne nous donne pas envie de fuir ou de rentrer chez soi. La curiosité de l'année sera peut-être le groupe Sebkha Chott (http://sebkhachott.websanslimit.net/), groupe spectaculaire de metal futuriste, breton si je ne m'abuse, et qui risque de faire forte impression. (Planquez les gosses et les malentendants). Pour le reste, on pourra si on y tient (et qu'on aime les attroupements de catholiques BCBG, blonds avec des petits seins en chemisier blanc et des serre-tête) aller réécouter pour la 15ème fois les Ensembles Cénomans, toujours au top dans leur registre classique. Les bobos iront écouter sûrement, place de la Sirène, la jolie Marie Cherrier, mélange de Brassens et de Jeanne Cheral (j'essaie d'être sympa, pour une fois), dont le dernier CD, Alors Quoi ?, est sorti l'année dernière et n'a rien à voir avec ce qu'on aime (sympa toujours). Encore une fois, et avant de rentrer chez soi, on se demandera comment une ville de plus de 100 000 habitants est capable d'attirer aussi peu de noms valables. En déjà 5 ans, pas un concert valable, si ce n'est une vague apparition d'un Miossec (où n'est-il pas allé?) en petite forme et pressé d'attraper le dernier TGV. Le Mans est un paradis pour la musique, à condition d'avoir une belle collection de CD...
Il est donc tout à fait probable que je me termine devant Pays Bas- Russie sans le son, un verre de... cidre à la main en écoutant le dernier The Fall coincé sur le canapé entre ma copine enceinte de 8 mois et 2 semaines (ce qui n'aide pas pour fêter la musique) et ma belle-mère en villégiature chez nous (72 ans au compteur et 2 paquets de cigarette/jour). Il y a des jours où la capitale nous manque plus que d'autres.... Some fêtes de la musique are bigger than other. Some fêtes de la musique are bigger than other. Oh mother....