La pop et les animaux : y'a pas plus simple

08/02/2010 - 16h15
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La pop et les animaux : y'a pas plus simple

Duck Song - Bryan Odent

John Lydon - The Rabbit Song

Tout le monde aime les animaux et la pop ne fait pas exception. On pourrait s'amuser à répertorier les dizaines de milliers de chansons dédiées aux animaux ou qui en parlent dans l'histoire du rock, des chauve-souris aux ours, en passant par les aigles bien sûr, les chiens et les chats.

 

Cela n'aurait sans doute pas grand intérêt si ce n'est de montrer peut-être que derrière les femmes, l'amour, la solitude, la drogue et la musique elle-même, l'animal de compagnie, amical, menaçant, anecdotique ou simplement métaphorique a su, comme au pied du canapé, se mettre au service de son maître.

 

Deux exemples originaux en disent plus long que des discours savants sur le sujet. Etrangement, l'excellente "Duck Song" (qu'on peut prolonger utilement par l'écoute de sa suite "Duck Song 2") est l'une des plus addictives sottises pop que l'on puisse trouver sur la toile. Le compteur youtube indique plus de 5 millions de visites. Gageons que la plupart sont des visites doubles, triples, voire quadruples tant le pouvoir addictif de cette ritournelle est immense. Le pitch est pourtant fort simple : un canard se rend quotidiennement sur le stand d'un marchand de limonade et demande des raisins. Comme il est sans cesse rabroué jusqu'à être menacé physiquement, le canard, servi par une animation plus que sommaire, change de discours vers la fin et sert une chute aussi hilarante. Le miracle est que cette chansonnette est soutenue par une mélodie qui est typiquement pop, simplissime, ridiculement peu sophistiquée, une mélodie qui rend fou et qui empêche quiconque l'a entendue au moins une fois de passer son chemin. Miracle pop, miracle du dessin enfantin et miracle de l'animal de basse-cour qui attire sur lui la sympathie. On peut aimer Animal Collective, les Flaming Lips, Radiohead et trouver que ce canard jaune a autant de panache et de classe.

 

Dans un autre style, la chanson à quatre sous et trois beats de John Lydon, intitulée "The Rabbit Song", servie en bonus dans une énième compilation, en 2005, utilise le lapin, l'animal noble par excellence (sic) pour pénétrer notre esprit. Les percussions sont imparables et venues des fins fonds de l'Afrique, le texte est politique mais n'en reste que cette rythmique et cette comparaison imbécile : nous sommes des lapins. Les deux chansons n'ont rien à voir entre elles. L'une est une pop song pure et parfaite, l'autre une sorte de rap tribal, et pourtant on les aime l'une comme l'autre de manière aussi évidente, comme on aime les dessins animés, Alice aux Pays des Merveilles et les illustrations de Tenniel, parce qu'il y a des animaux dedans. Bizarre, non ? Dire qu'il y en a qui, comme Iggy Pop, voudraient être notre chien. Mettez n'importe quel titre à côté de Bryan Odent, n'importe lequel. Faites écouter deux fois. Et il perd. Il perd.  

 

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