L'oublié de l'année : Kid Loco et ses mangeurs de belladonne

27/12/2011 - 16h23
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Si HTRK a failli cette année ne pas avoir son article sur ce site bien qu'il ait pu être écouté et réécouté, un sort identique menaçait dans un autre registre, un peu pop et un peu électro, l'impeccable Confessions of A Belladonna Eater de Kid Loco, sorti au printemps.

 

On nous reproche souvent de ne pas parler assez d'artistes français et voilà qu'on a raté, cette année, l'occasion de faire les gros titres sur un album à la fois déstabilisant et réellement emballant de Jean-Yves Prieur, l'un de nos (seuls) joyaux internationaux, l'un des plus discrets, estimés et moins tape à l'oeil du marché de ce qu'on appelait jadis la "french touch", mouvement auquel il a souvent été (à tort) associé. Kid Loco n'est pas l'anti-Justice ou l'anti-Ed Banger mais c'est tout comme. Tout le monde connaît Kid Loco ou presque pour son Prelude To A Grand Love Story, sorti en 1998 et réédité depuis, pour ses fameux remixes de la galaxie pop anglaise (Pulp, Jarvis Cocker, Saint Etienne, pour n'en citer que quelques uns), mais le grand public n'a semble-t-il pas eu la chance de placer une oreille sur ce nouvel album pourtant remarquable et séduisant.

 

Derrière Confessions of A Belladonna Eater, il y a à la fois une création ou recréation d'un univers graphique original (mi art nouveau, mi années folles) et l'invention d'un grand melting-pot musical "à la française" convoquant des instruments traditionnels (l'accordéon du début), le meilleur de la musique électronique et des arrangements pop d'une belle rigueur, en même temps que des décrochés jazzy inattendus. Belladonna est un album curieux, déroutant par sa manie de passer du coq à l'âne, saisissant par son son et son éclectisme (une reprise bizarre et pas forcément transcendante du "Passenger") mais un album qui gagne à être fréquenté assidûment, à être découvert et redécouvert à divers moments du jour. Kid Loco a pris avec ce disque toutes les libertés ou presque, ne se refusant aucun genre, puisant dans les musiques traditionnelles, les sonorités pop, l'ambient mais aussi et surtout les musiques de films et les compositions de salon. Le disque s'écoute comme une aventure Grand Style, panachée et moderne, une déclaration d'ambition qui saute aux oreilles du bondissant et classique "I'm A Hero", presque acid house, au splendide "The Attention Span of A Butterfly" en passant par le gouleyant et soyeux "The Morning After". Belladonna est un disque d'une délicatesse et d'une sophistication rares pour... un album français. Il fallait le dire, c'est fait, et l'écouter...

Kid Loco - The Morning After

Kid Loco - I'm A Hero

Voir aussi- Motorville, notre groupe surprise favori pour 2012

 

Par Benjamin Berton
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