
Reworked/Remixed, une sélection des remixes favoris du Danois Trentemoller sera bientôt disponible sur un double CD qui paraîtra le 8 novembre prochain. L'occasion de remettre les pendules à l'heure en ce qui concerne l'intérêt d'un artiste de plus en plus proche de la sphère rock et pop, pour le travail de production et les musiques électroniques.
Trentemoller, un artiste à partOn l'a souvent écrit ici, Anders Trentemoller est un artiste à part dans la sphère électro. Il n'y a qu'à se pencher sur sa sélection pour la fameuse collection Late Night Tales où les artistes sont invités à exposer leurs principales influences et la musique qu'ils écoutent régulièrement en général, pour constater que ses goûts vont bien au délà de ce que l'on appelle -; à tort ou à raison aujourd'hui -; les "musiques électroniques". Parmi ses choix pour Late Night Tales, le Danois présente le garage rock décomplexé de Thee Oh Sees, les ambiances sombres de la collaboration Nick Cave/Warren Ellis sur la B.O. du film La Route, un classique du Velvet Underground ("Venus In Furs"), M.Ward, Mazzy Star, les Shangri-La's, The Black Angels... bref, beaucoup de rock, contemporain ou historique, pas du tout de techno, ni de house. A peine quelques acteurs de l'électro expérimentale comme Ekko ou The Mole.Trentemoller et l'exercice du remixTrentemoller a déjà beaucoup remixé (voir le second CD qui rassemblait ses travaux pour Moby, Röyksopp, Chris Isaak, The Knife et autres). S'il a également vu ses travaux revus et corrigés par de nombreux artistes d'importance, son travail de producteur s'est vu quelque peu éclipsé par son amour récent pour le rock pop et la new wave. Sur Reworked/Remixed, le Danois présente donc une autre facette de son travail : celle de remixes, effectués par ses soins pour des musiciens amis (Unkle, Efterklang, The Mole encore, Depeche Mode, The Do ou Franz Ferdinand). Nous sommes bel et bien de retour dans la sphère électronique ici, même si les origines des morceaux, eux, viennent le plus souvent de groupes pop. Une approche que le musicien apprécie toujours énormément, comme le prouve son magnifique travail sur le "The Answer" de Unkle, le "The White Flash" de Modeselektor (feat. Thom Yorke) ou encore pour le "Raincoats" de Efterklang et la reprise du "She's Lost Control" de The Reavonettes. Trentemoller, un patte reconnaissable entre touteUne constante chez le Nordique cependant qui rend son travail pour les autres immédiatement reconnaissable : une ampleur, un goût certain pour l'emphase - même dans ses remixes les plus "techno" ("The White Flash" de Modeselektor par exemple). Trentemoller aime ajouter des choeurs, des guitares, des effets de cordes et transforme ses sons en échos de cuivres et roulement de tonnerre. Le Danois transfigure tout ce qu'il touche en gospel post-moderne, gothique et inquiétant. Extrêmement sensuel aussi malgré ses sons métalliques, même quand il exécute le plus "club" des remixes pour ses clients (voir le "Personnal Jesus" de Depeche Mode). En un mot, Trentemoller derrière les manettes, a vraiment la classe ultime, et ce n'est pas son travail sur le "State Trooper" de Bruce Springsteen (un morceau qu'il réussit à faire sonner comme du Suicide, que "le boss" a repris cette année, un hasard ?!) qui nous contredira... C'en est au point qu'aujourd'hui, et à l'écoute de son dernier album solo , on en vient même à se demander finalement si son oeuvre en qualité de remixeur n'est pas meilleure que son travail personnel ?
Par Maxence Grugier Follow @MaxenceGrugier
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