James : un peu nul mais content

22/04/2010 - 16h07
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James : un peu nul mais content

James a eu sa bonne période mais celle-ci est dépassée depuis longtemps. En 1990-1992, le groupe sortait avec ses 3ème et 4ème albums de l'ombre et lançait un mégahit, Born of The Frustration, qui manquait de peu de lui ouvrir les voies du mainstream. Tim Booth et sa clique de Whalley Range (Manchester, toujours) pouvaient crâner : les James s'imposaient comme une valeur sûre (mais pas chère) de la future brit pop, rejoignant la légion des groupes relativement modestes, capables à tout moment et sur un ou deux bons titres, de fondre sur les charts nationaux. Les James qui avaient raté le wagon du succès au milieu des années 80, avaient fait la première partie de The Smiths, été annoncés un peu partout comme les "next big thing" et tenaient alors leur revanche. Produits par Brian Eno sur les deux albums suivants, les James ont mangé entre 1990 et 1993 leur pain blanc, manquant de peu l'explosion sur le marché US et gardant toujours une base solide en Angleterre, base que la qualité déclinante de leurs albums aurait pu ou dû lasser plus tôt. Au lieu de retomber, le soufflé James resta plutôt gonflé avec un bon retour en 1997, un album solo pour Booth et quelques autres bêtises. Les années 2000 sont plus contrastées, voire catastrophiques, malgré le recours à nouveau à Eno. Booth se barre en 2001 pour se consacrer à d'autres projets, marquant la fin de l'aventure.... provisoire, bien sûr, puisque les James se remettent en train en 2007, avec quelques concerts, un album en 2008 (plutôt moyen mais salué par la critique) et.... surfant sur la vague des reformations, rencontrent un énorme succès revivalesque, emplissent les stades et retrouvent la grinta.

Tout cela pour en venir (au travers de cette histoire sans fin) à un nouvel album baptisé The Night Before (et qui sera suivi d'un autre quasi simultané, qu'on n'a pas encore pu écouter, The Morning After - on se croirait ceci dit en passant chez Marc Lévy), dont ce "It's Hot" est extrait. Malheureusement pour nous et pour eux, les James ont pas mal perdu de leur charme depuis Bring A Gun, en 1991, ici en live, et s'ils s'offrent des descentes/entrées en matière acoustiques splendides (ici avec l'un de leurs mégahits, "Sit Down"), n'arrivent plus à l'arrivée qu'à composer un album poisseux, plein de guitares qui parlent trop et d'embryons de singles mal fagottés. Il n'est pas impossible que James, sur la force du mouvement des re-tour, re-formation, ait enfin rejoint sa destinée : devenir un groupe qui vend des albums par wagons, remplit des stades idiots et se pose en Duran U2 ColdPlay Duran des Iles Britanniques, sans en avoir les défauts, ni toutes les qualités. On gardera toujours un bon souvenir de la gouaille de Tim Booth, de ses qualités de chanteur et de la capacité du groupe à placer au moins 3 bons titres par album, ce qui est encore le cas ici avec "Porcupine", "Hero" et "Dr Hellier", ce qui n'est pas si mal pour un mini-album de 7 titres.

James - Royal albert Hall Avril 2010 - Entrée - Sit Down 

James - Bring A Gun (live) 1991

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