Thom Yorke en avait marre d'être filmé par une caméra dans ses clips. Un beau jour, il s'est dit quelque chose comme "Sapristi, mais pourquoi ne pas utiliser des lasers et des ordis pour capturer des images en 3D trop zarbi, nom d'un Linux ?!" Satisfait, il aurait conclu - toujours en son for intérieur - par un cinglant : "No camera ! Ok computer !". Non, en vrai, c'est Aaron Koblin un ingé-designer brillant qui a eu l'idée. Responsable d'expériences visuelles assez hallucinantes ( les vols d'avion au dessus du nord US !) et d'un clip d'Interpol, le jeune surdoué, entre deux expos réalisées pour le MoMA, s'est mis au service de Radiohead. Le clip de "House of Cards" a donc été tourné selon des procédés fort compliqués (voir le making-of ci-dessous) que l'on pourrait résumer ainsi : usage d'un scanner spécifique pour capturer les images les plus proches (visages de Yorke), à ne pas confondre avec le "Velodyne Lidar", qui, comme chacun sait, est une bécane réservée aux trucs éloignés (paysages). Résultat, des données, des chiffres et donc, des images (et non pas des lettres, Laurent Romejko). Mouhaha, s'esclafferont certains. Pourtant, le clip, certes un peu geekien dans l'âme, a de la gueule. La face de Yorke se liquéfiant sur fond noir, les travellings dans des ruelles aux couleurs inversées, la "party" parasitée et fantômatique, tout cet univers mystérieux en version "négatif" et sablonneuse colle grâcieusement à l'atmosphère désolée de la chanson. Pour les fans, il est même possible de télécharger et remixer la video (ici). Avis aux amateurs.
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Par Eric Vernay Follow @ericvernay