Giant Sand retrouve la forme... classique

16/11/2010 - 12h15
  • 0
Giant Sand retrouve la forme... classique

Giant Sand - Monk's Mountain

Cela faisait quelques années qu'on avait un peu décroché des Giant Sand de Howe Gelb. Blurry Blue Mountain, leur nouvel album, est une sublime occasion de renouer le contact avec le groupe de l'Arizona, tant il s'impose dès la première écoute comme un classique instantané.

 

A l'image de ce superbe "Monk's Mountain" de 7 minutes et quelques, l'album est tout en touché et en délicatesse, enroulé autour d'un climat bluesy crépusculaire et tendrement mélancolique. Howe Gelb chante dans le plus grand dénuement d'effet et évoque par le classicisme de ses compositions un mélange réussi entre un Lou Reed nourri au miel, un Neil Young rajeuni et des Tindersticks passionnants. L'ombre de Johnny Cash passe de temps en temps à l'arrière-plan, comme si on écoutait un joyau venu de la première moitié des années 70.

 

Les guitares sont tapies dans l'ombre menaçante de morceaux menés à la batterie balai. A ce degré de maîtrise des instruments, pas la peine de dire qu'on touche souvent à la perfection faite pop, pour ces anciens tauliers du rock indépendant, dont les premiers albums bénéficieront prochainement d'une réédition deluxe. Du "Fields of Green" qui ouvre l'album au poétique "Love A loser" qui le referme, les 14 titres se posent comme un délicieux voyage dans une Amérique de paysages déserts, de montagnes et de longues chevauchées, de saloons aux jolies filles (le beau "Lucky Star Love") et de silences à la Silverjews. Lorsque Gelb fait parler l'électricité, sur "Brand New Swamp Thing" par exemple, on touche du doigt ce que l'Amérique a donné de plus beau et de plus solide au rock : une leçon de compacité, de puissance et de maîtrise des codes classiques, qui emporte tout sur son passage et fait passer le rock anglais pour un petit frère immature. Avec cet album, Gelb signe sûrement son disque le plus consistant depuis plus de 15 ans (Glum, peut-être), emboîtant le pas à l'excellence d'un Bill Callahan en état de grâce depuis qu'il a changé la peau de son Smog pour une carrière solo. Le gros Frank Black court après ce disque là depuis 10 ans sans le rattraper.   

Howe Gelb - Erosion (tiré de l'album Blurry Blue Mountain)

Vos commentaires

Toutes les rubriques
  • Cinéma
  • /
  • Société
  • /
  • Livres
  • /
  • Télé
  • /
  • Musique
  • /
  • Expos
  • /
  • Forum
articles les + lus
  • la télé qui vous veut du bien La feel good tv, la télé qui vous veut du bien
  • Ces choses à savoir avant un entretien d’embauche
  • BP : la faune marine mutante inquiète
  • Obiwan Kenobi arrêté par la police
  • Si Wes Anderson avait réalisé Battleship Si Wes Anderson avait réalisé Battleship
  • Fast & Furious résumé à ses changements de vitesse
  • Van Gogh, Dali et Picasso disséqués