
L'arrivée ce mois dans nos contrées de Save The Youth, premier véritable album de Giana Factory initialement produit en 2010 mais jamais distribué chez nous, ainsi que l'apparition d'un remixe colérique de "Dirty Snow", par le pape néo new wave électro Anders Trentemoller, est l'occasion de se pencher sur le cas de ce groupe de filles pas comme les autres.Comme son confrère de Whomadewho, Giana Factory vient du Danemark, "l'autre pays de l'électro-pop". Composé de Loui Foo, Lisbet Fritze and Sofie Johanne, le trio est à l'origine depuis 2009 (avec son premier EP Bloody Game) d'une musique habitée, hantée, pleine de douceur et de soubresauts électriques, à la fois caressante et pourtant fortement perturbante.Avec leurs compatriotes, les Whomadewho, elles partagèrent également un temps Thomas Barfod, pilier du groupe suscité, derrière les manettes pour la production de Bloody Game. Mais c'est bien le seul rapprochement que l'on pourra se permettre ici. Avec ses histoires de filles perdues dont le songwriting virtuose rappelle parfois un Nick Cave au féminin, le Save The Youth de Giana Factory - qui tient son nom de la vieille usine dans laquelle le trio fit ses premières répétitions - est plus volontiers inspiré par les Etats-Unis, les ciels bleus profonds de la Californie ou noir de suie de l'Illinois et du Nebraska, comme sur ce "Dirty Snow" cristallin (à moins qu'il ne s'agisse pour le coup de leur Copenhague natale ?). Point de house mêlée de pop comme chez leurs confrères Whomadewho donc. Si la musique de Giana Factory, qui cultive un ton souvent éploré (mais pas geignard) et semble attiré par les ambiances abandonnées, puise son énergie aux racines du rock et du folk qui vit le jour outre-Atlantique, c'est bien d'un son morderne dont il s'agit ici. Entre new wave et crossover électro pop-rock, le tout est diablement produit et terriblement efficace. Du coup, on ne prend pas trop de risque en pariant que Save The Youth (accompagné qui plus est, d'un second CD bonus plein jusqu'à la gueule de remixes, d'inédits et de démos - sans oublier le premier EP, Bloody Games) risque bien d'être la révélation de l'année 2012, tout comme le fut l'inoubliable The Last Resort de leur collègue Trentemoller. Le producteur qui se fait d'ailleurs un plaisir d'expliquer en vidéo ce qui lui a plu, ainsi que sa démarche pour ce remixe.
Giana Factory - "Dirty Snow" (Trentemoller remix)
Trentemoller sur son remixe de "Dirty Snow"
Giana Factory - "Dirty Snow" (original)
"Rainbow Girl", tout nouveau clip et autre facette de Giana Factory sur Save The Youth
Voir aussi- Diapo : ce que l'on attend en 2012- New Look, Glass Candy, Chromatics, Puro Instinct, Class Actress, l'hiver est aux filles disco
Par Maxence