
George Demure ne manque pas d'humour, sur son site on peut le voir, entouré de ses Demurettes. George porte des chemises western noires ornées de têtes de mort et aime "danser comme un fou", moi aussi (même les chemises, si si). George Demure se fait également appeler George Thompson, G. Thomson, George T. ou Plastic Avengers, c'est selon. Enfin George Demure est le fils de Richard Thompson, le fameux chanteur écossais, dont il a hérité des talents évidents de vocalistes et il ne s'en cache pas. Tout ça pour dire que ce George Demure est un personnage étrange et ambigu qui oscille dangereusement entre les mondes, l'electro, le rock, la pop et bien davantage encore. Déjà remarqué sur Tirk 01, la compilation du label du même nom, Demure sort enfin son premier album sur August Day, sous division "chansons" de la structure londonienne. Avant cela on avait pu suivre ses aventures sur Output Recordings, le label de Trevor Jackson. Tirk, Output, des références logiques pour ce fan de new wave (il remixe Soft Cell en 2001), mais aussi de funk, de rockabilly, de dub et de musique industrielle.
"I Think I'm In Love With Lauren Bacall", l'instrumental qui ouvre le bal de ce Boomtown Medallion au parfum de souffre, impose immédiatement une ambiance décalée, "A Rebours" oserais-je dire pour plagier le titre du fameux roman d'un autre dandy décadent, Joris-Karl Huysmans, des tendances actuelles. Sur les deux meilleurs morceaux de l'album, "Paperclip Millionnaire" - son rythme saccadé énergique et sa guitare fuzz - et "Heavy Traffic" - une cavalcade electro-rock échevelée - son phrasé précieux, sa voix chaude de crooner de retour d'after nous fait irrémédiablement penser, dans un genre plus rock'n'roll, à notre bon ami James Murphy de LCD Soundsystem. Ou un mélange du même Murphy et de Barry Adamson, pour les sonorités moites, l'amour de la soul et du funk blacksploitation, même si son groove est blanc. Il est clair que Demure a le don pour marier les contraires. Capable de perles d'electro pop mélancolique ("New Confrontation"), comme de tracks disco tordus pour diva poilue ("Dancing Like a Fool", "Check"), il signe avec la même aisance des reggae dub décomplexés sur lesquels il affiche toute sa nonchalance ("Sorrow"), comme de fascinants titres au style inclassable tels "Send Him To Memphis", sa boucle acide crade et sa contrebasse jazzy ou encore "My Baby's Gone", le titre rigolard, la pochade rockabilly du disque, dont Playlist vous offre gracieusement la vidéo (vous pourrez ainsi vérifier pour les chemises western).
James Murphy peut se rassurer, on ne sait pas ce qu'il sortira quand il aura 55 ans comme le disait un chroniqueur de Pitchfork, mais la relève, elle, est déjà là.
George Demure - (Tirk/La Baleine, janv 2008)
http://www.georgedemure.comhttp://www.myspace.com/demurettes
Par Maxence