
FGTH - Welcome to the Pleasure Dome live
FGTH - Born to Run live
Quitte une fois encore à passer pour un ancien combattant (ce que je ne suis pas tout à fait), célébrons en choeur et encore le 25ème anniversaire de la sortie du de Frankie Goes To Hollywood. L'album qui sort pour l'occasion dans une version 25th Anniversary en 2 CD (le second est composé de titres rares et de chutes de studio, de remixes disco de Relax assez dispensables) déconcertera vraisemblablement ce qui ne le connaissent pas mais peut rétrospectivement faire l'objet d'un (ré)évaluation positive. A l'époque, Welcome to The Pleasure Dome avait été un album à succès mais très critiqué pour avoir recyclé (il s'agissait du 1er album du groupe) quelques titres (dont les plus connus Relax et Two Tribes), déjà sortis auparavant, et intégré plusieurs reprises dont le Born To Run de Springsteen, ici, et le San José de Burt Bacharach.
A réécouter l'ensemble du disque après tout ce temps, on reste néanmoins scotché par l'ampleur opératique du disque et par la force mélodique et vocale développée par Holly Johnson et les siens. Produit par le célébrissime Trevor Horn -qui embauchera en tant que musiciens des types ayant bossé avec Yes et Ian Dury, le 1er album de FGTH (comme on les siglait alors), est un album typique de cette époque par son son et ses arrangements, mais en même temps qui en dépasse les contours par son ambition et sa démesure. L'album aurait aisément pu se ranger dans la série des albums du bizarre. Johnson et les siens dynamitent à l'époque tout ce qu'ils touchent avec une esthétique mi-camp, mi-arty, mi-rock (et ça fait 3 de-mi) qui donne à l'ensemble une allure irréelle et unique, à l'image de la reprise du Born to Run de Springsteen aussi incongrue qu'inclassable. La pochette est illustrée avec des photos de la série Sperm d'Andy Warhol et Power of Love, en hymne trop trop sincère, continue de déconcerter en nous faisant tourner la tête. La musique sonne toc comme du Duran Duran mais on est saisi, par rapport à la ligne des années 80, par l'extrême sincérité qui se dégage des interprétations d'Holly Johnson. L'album est engagé, politiquement fort puisque sorti en plein milieu de la guerre froide, il n'hésite pas à renvoyer avec Two Tribes les ennemis dos à dos. Surtout, FGTH incorpore dans ce disque une bonne partie de la culture de son temps. Two Tribes toujours fait référence à Mad Max 2, le d? mais embarque également le cultissime The Last Voice de Patrick Allen, acteur anglais ayant enregistré dans les années 70 une série de messages gouvernementaux visant à préparer la survie du peuple d'Angleterre. Mise en musique par Horn et ses assistants, la séquence reste l'une des plus spectaculaires de l'album, sublimés par ses interludes, ses préludes et ses "segue".
Funk, dance, electro, pop, rock et baroque à la fois, Welcome To The Pleasure Dome est un monument qui honorera n'importe quelle discothèque.Après le retrait musical de Holly Johnston (au début des années 90), les survivants de FGTH ont tourné quelques temps et jusqu'à une reformation sans Johnston en 2005, sans convaincre vraiment. Un nouveau groupe (pour des histoires juridiques) est né de ces tournées, appelé Forbidden Hollywood qui n'a pas donné vie depuis sa création. Johnston, quant à lui, continue de se consacrer majoritairement à la peinture. Il a fait le DJ pendant quelques temps et a annoncé récemment qu'il pourrait sortir un nouvel album. On en sait pas beaucoup plus.