Farandole de reprises : Jacques Brel n'est pas mort...

09/10/2008 - 16h14
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  On fête aujourd'hui le 30ème anniversaire de la mort de Jacques Brel. Autant dire que vous n'échapperez pas, la radio, à la télé, dans la rue, le métro, à ces sortes de reportages où l'on verra le "Grand Jacques" en sueur cracher ses poumons sur "Amsterdam" ou en découdre avec les Bourgeois, sur les flonflons de l'accordéon. Selon la rumeur pourtant, Brel, comme Elvis, Marley, James Brown et quelques autres, ne serait pas mort. Il filerait désormais une vie tranquille (il aurait à peine 79 ans) sur une île mystérieuse qu'il aurait rachetée juste avant sa mort, pas très loin de l'archipel des Marquises, et qui ne serait indiquée sur aucune carte. La rumeur veut que toutes les stars disparues atterrissent un jour ou l'autre sur cette île mais cela ne paraît pas très crédible, si l'on connaît un peu la vie de Brel. Il est très probable qu'il ne partage pas son île déserte avec grand monde et sûrement pas avec Elvis et son beurre de cacahuètes. Peut-être est-ce qu'il y a accueilli son ami Georges Pasquier, le Jojo de la chanson, quelques vahinées, un chien ou deux et quelques bouteilles. On raconte que Brel y chante encore de temps à autre et se ravitaille à la capitale (laquelle ?) en hydravion, un vieux modèle qu'il aurait retapé lui-même. De ce côté-ci du monde, la poésie de Brel continue d'être active et est passée dans le sang des amateurs de pop depuis très très longtemps. Scott Walker l'a remarquablement adaptée en langue anglaise, la sueur en moins. "My Death" a la classe et prend des allures de "My Way" chantée par Sinatra, une grande chanson triste. Walker a donné un album entier de reprises de Brel et disséminé des titres du Belge sur chacun de ses albums. Ses versions sonnent parfois un peu lisses mais sont à l'origine de l'aura du chanteur en Grande-Bretagne et plus généralement dans le monde anglo-saxon. Ces dernières années, Brel a connu également un regain de popularité dans les rangs des artistes anglo-saxons francophiles, ceux qui chantent et aiment français, ceux qui, en l'occurrence, vendent plus de disques ici que dans leur pays d'origine. C'est le cas du jeune Beirut qui reprend Brel dans le texte et du sympathisant de longue date, Neil Hannon et de sa The Divine Comedy, qui ouvrait son récent set à Paris avec cette version d'Amsterdam. Les Américains, Anglais ou Irlandais qui chantent en français et Brel particulièrement sonnent souvent faux et kitsch, ce qui est un peu le cas ici, mais il faut leur pardonner. On ne se lancera pas dans un grand exposé pour dire pourquoi Brel c'est bien. Certains le trouvent trop démonstratif, trop cru, trop direct, dégoulinant d'émotion. C'est vrai que chaque son, chaque syllabe sont saturés par l'homme Brel. Comme souvent, son principal défaut est évidemment sa principale qualité. Ces textes aussi tiennent la route et debout tout seul. On n'en dira pas plus.

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