Emmener son album en tournée : ça continue pour The Wedding Present

17/01/2012 - 10h44
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Est-ce devenu une obligation en 2012 pour pouvoir continuer à vivre, à tourner, à remplir les salles ou à envisager de sortir plus tard du matériau qui sent le neuf ? On n'en sait rien mais la folie des albums emmenés en tournée par des groupes "historiques" est en train de prendre des proportions insensées. Après The Cure et son Reflection Tour, après/avant Echo And The Bunnymen qui sera de très (bon, d'après les critiques anglaises) passage à Paris cette semaine en jouant deux albums sur scène en intégralité et dans l'ordre, après Dominique A qui reprend la semaine prochaine au Mans (le 23 janvier), la suivante à Paris sa Fossette, tout juste âgée de 20 ans, cela tire dans tous les coins.

 

Parmi les groupes dinosaures qui continuent ce cirque macabre, sanctifiant le CD/Vinyl finissant, rendant historique leur propre passé et délégitimant à jamais leurs oeuvres actuelles (qui ne pèsent rien face aux monuments avec lesquels ils vadrouillent autour du monde), The Wedding Present fait figure de pionnier. Alors qu'on ne parlait pas encore de ça, les troupes de David Gedge amenaient leur sur scène. Quelques années plus tard, c'était au tour de de hanter les clubs. Entrecoupant ces tournées à l'ancienne "amusantes" selon leur leader et des productions de grande qualité consacrées à de nouveaux morceaux, le Wedding Present a choisi en 2012 de faire la fête à Seamonsters, son troisième album, dont ce sera également le 20ème anniversaire.

 

On ne fera pas la fine bouche, Seamonsters est notre album préféré du groupe, le plus âpre, grunge, produit par le Steve Albini qui allait dégoupiller dans la foulée la grenade Nirvana, Seamonsters avec ses titres à un mot et la voix de Gedge sur la brêche en permanence, est un album qui aurait mérité un meilleur sort commercial. Certains y ont vu les prémices du mouvement qui allait suivre. "Dalliance" ouvre le bal, incroyable de vigueur. Gedge, l'homme qui joue de la guitare plus vite que ses doigts, est magistral, enchaînant les déconvenues amoureuses à la vitesse de l'éclair. "Rotterdam", "Blonde", "Suck". Seamonsters, c'est du Wedding Present pur jus avec la voix qui craque et des crépitements dans la basse, un monument qui incarne à la perfection ce début des années 90 où de jeunes américains vont se glisser bientôt dans des chemises bûcherons et des perruques cheveux gras. Gedge était là, sorte de Dorian Gray de l'indé, noir corbeau et droit comme un i, beau et rageur sur son manche avec son coeur dans la main. La tournée mondiale Seamonsters se produira en Europe Continentale autour de septembre-octobre 2012. Il est peu probable que le Wedding ait un nouvel album d'ici là, même si, de révélations en révélations, cinq ou six nouvelles chansons ont dû se balader dans les concerts de ces derniers mois et notamment dans un final 2011 (le 31 décembre) épique et impeccable.  

The Wedding Present - Corduroy 

Voir aussi- notre papier sur l'invasion des concerts-albums

 

Par Benjamin Berton
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