
On le savait déjà, quand il s’agit de critiquer la société dont ils sont issus, Die Antwoord n’a aucune limite (voir notre dossier : Die Antwoord, vrais faux freaks). Nouvelle illustration avec le clip de "Baby’s on Fire" tiré de leur dernier album, Ten$ion, et dans lequel la fine équipe dévoile un nouveau pan de la beauferie sud-africaine dans le portrait d’une famille de "pauvres blancs" comme les autres. Entre obsessions incestueuses inconscientes et jalousie morbide, Die Antwoord nous conte l’histoire d’une jeune fille qui a "le feu" où on l’a généralement à cet âge là, mais à qui le grand-frère ultra-protecteur refuse toutes excursions vers la face sombre de la lune…
Si musicalement "Baby’s on Fire" sonne plutôt pop et aseptisé (on est loin du rap-rave auquel nous avait habitué le trio), pour le clip Die Antwoord ne recule une fois de plus devant rien : rêve pedo un peu limite (les tenues "under age" de Yo-Landi qui nous font bien voir qu’elle est une fille – et je passe sur la chorégraphie en parallèle avec la fillette), les fantasmes pas très sains de adultes, les délires (mégalos ?) du grand-frère qui se rejoue une version white trash du hip hop west coast dans tous ses excès, tout est là pour nous rappeler qu’entre blague de potache et docu-fiction, Die Antwoord est bien décidé à malmener l’inconscient collectif Sud-Africain jusqu’à ce que mort s’en suive.
Evidemment, Die Antwoord ne risque pas d’être embauché demain au syndicat d’initiative ou à l’Office du Tourisme de Cape Town, hein… mais qu’est-ce qu’on (ils) s’amuse(nt).
Par Maxence GrugierFollow @MaxenceGrugier