
"Enforced Peace", le premier morceau mis en ligne par Death In Vegas depuis des siècles et qu'on suppose tiré de leur album à venir Trans Love Energies est tout sauf rigolard. Prévu pour septembre prochain, le nouvel album de Richard Fearless et Tim Holmes devrait rendre hommage au mouvement underground né autour de Détroit dans les années 60. A vrai dire et pour une rentrée après 7 ans de silence quasi total, on aurait rêvé un peu mieux et un peu plus original que ce morceau low-profile tout en boucles et en ennui pour dire tout le bien qu'on a (presque) toujours pensé de Death In Vegas depuis leur somptueux en 1997.
Death In Vegas - Enforced Peace
Quinze ans après, ce disque figure dans le panthéon des musiques électroniques britanniques et reste un jalon important dans la popularisation du genre et son métissage avec d'autres influences qu'il s'agisse de soul ou de rock. A l'époque, Death In Vegas représentait alors le mystère derrière les créateurs à synthé, la pop culture dans toute sa splendeur, mêlant les références à Elvis bien sûr mais aussi à ses critiques pop comme Greil Marcus et d'autres. Leur deuxième album, , intégra (ce qui devait devenir un mouvement massif par la suite) des guest stars et des vocalistes à la pelle aux instrumentations. Entre Bobby Gillespie de Primal Scream, Jim Reid de Jesus and Mary Chain, ou Dot Allison, le casting était royal, et le résultat plutôt réussi.
La suite fut peut-être moins brillante : un animal et radical puis un excellent et épuré qui étrangement laissa pas mal de monde sur sa faim. Ce quatrième album marquait néanmoins l'assèchement de la formule consistant à attirer des célébrités pour reprendre quelques vers en boucle. On imagine qu'avec quelques années de plus et à écouter ce dernier titre que les Death In Vegas sont partis pour retrouver des horizons plus arides, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Leur sens du groove (introspectif) et du beat atone fait partie de leur signature historique. Ce n'est pas parce qu'on ne le retrouve pas sur "Enforced Peace" (qui porte assez bien son nom, du reste) qu'il faut désespérer.
La suite se jouera à Rock En Seine où ils s'aligneront cet été et évidemment dans les bacs en septembre, si tout va bien. En attendant, on peut aussi se rejouer "Aïsha". "Aïsha" et ses paroles fulgurantes : "Aisha/ We've only just met/ And I think you ought to know/I'm a murderer / Babies need blood", leur meilleur texte de tous les temps.
Death In Vegas - Aisha.
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