
Il y a des groupes auxquels il est difficile d'échapper quand vient l'été. L'année dernière avait été marquée par la célébration de Best Coast, dont on reparlera dans pas très longtemps. 2011 sera sans conteste, avec la sortie il y a quelques jours de leur premier album, l'année ou l'été des New Yorkais de Cults. Groupe né d'un duo composé de Madeline Follin et Brian Oblivion, Cults a été révélé par un premier ep gigantesque baptisé Cults 7, sur la structure bandcamp.com. Ce "3 titres" était remarquable, crade, violent, électrique et laissait présager une énergie indomptable et proche des girls group des années 70, au temps où les punkettes à guitares se mettaient la tête et les oreilles en vrac pour rattraper et dépasser leurs homologues masculins. Le premier album du groupe éponyme conserve la plupart des caractères de cet EP mais ne parvient cependant pas à tenir en haleine sur l'ensemble de ses titres.
On donnerait sans trop de déplaisir notre chemise et notre masculinité pour l'excellence de "Abducted". La musique est épatante et les textes (l'histoire d'une rupture envisagée de 2 points de vue différents) très intelligents. Rebelote sur "Go Outside", ici en version live à Coachella où les Cults ont donné une prestation très très remarquée au point d'avoir été signalés comme la découverte de ce festival prestigieux. Pour le reste, les Cults ont été obligés, pour tenir un album entier, de composer des ballades et des titres moins évidents qui tendent à banaliser leur musique : on s'ennuie un peu sur certains morceaux, on ne ressent pas tout le temps l'urgence des premiers temps. Il ne faut pas faire la fine bouche pourtant : Cults l'album reste un album qui comptera cette année. La voix de Madeline Follin est magnifique et donne envie de se laisser rôtir le cuir au soleil. "Never Heal Myself" est une chanson grandiose qui est symptomatique du cross-over réalisé par le groupe (et Best Coast d'ailleurs) entre les musiques anglaises (punk, disons), les sonorités Spectoriennes et la musique californienne. Le seul reproche qu'on fera au groupe est de nous noyer sous un son agité et magnétique qui à force de répétition ne permet plus vraiment de distinguer les chansons moyennes des chansons moyennes. Si on lève la tête pour les singles qu'on pratique depuis un bail, on parcourt le reste à l'aveugle, comme si on conduisait la voiture sur une route de bord de mer avec le soleil dans les yeux et une jolie fille sur le siège d'à côté. On rêve éveillé mais sans aucune chance de se souvenir exactement de qui on a rêvé. Cela n'enlève pas grand chose à la magie et au charme de l'ensemble. Cults est l'une des plus belles hypes de cette année 2011. L'album est vif, court. Les chansons ne s'appesantissent pas et nous emmènent comme des bolides vers les premières vagues de mutilation. Le meilleur titre de l'album est peut-être "You Know What I Mean" une chanson solaire et entraînante qui est à l'image du groupe : envahissant, viral et formidablement fugace.
Cults - Abducted
Cults - Go Outside - Coachella 2011
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