
Les habitants de Tel-Aviv n'auront pas la chance d'entendre "Where Is My Mind ?" en live cette année. Comme un certain nombre d'autres groupes avant eux, Gorillaz et Elvis Costello notamment, les Pixies ont embrayé sur la condamnation à peu près unanime (on plaisante) de la flotille (pseudo) humanitaire par les commandos israéliens pour annuler leur concert prévu de longue date, au Pic Nic Festival le 9 juin, dans le cadre de la tournée , en Israël. Pas de Pixies donc mais une décision assez controversée venant d'un groupe qui, jusqu'ici, n'avait pas marqué les esprits pour son caractère politique. On connaissait le tempérament et l'engagement world bêbête de Damon Albarn, les vues de Costello sur la question, mais la position de Frank Black et des autres surprend et fait parler beaucoup plus que les autres. On défie quiconque de trouver une déclaration d'un des membres du groupe en faveur de quoi que ce soit, si ce n'est un apolitisme presque radical et une sorte de dérision vis-à-vis de l'engagement politique, symbolisée par ces vers de "I've been Tired" : "She's a real left winger 'cause she been down south / And held peasants in her arms". Alors pourquoi ? Certains considèrent sur le net que les Pixies ont voulu se faire de la pub, qu'ils ont pu suivre le mouvement en bon mouton, ou encore que Kim Deal aurait été plus sensible que les autres à ce qui s'était passé. L'annonce de l'annulation par le tourneur israélien, assez laconique, n'a été étoffée par aucune déclaration tonitruante du groupe. Peu probable donc, qu'on en sache beaucoup plus sur cette affaire. Sur le net et parmi les fans, c'est la déception côté israélien évidemment. De nombreux jeunes se languissaient du retour du groupe en Terre Sainte. Pour les autres fans, le mot d'ordre est plutôt au soutien et à la sympathie pour le groupe, à l'image de l'indignation générale qui a suivi les événements. Quelques articles sont un peu plus intéressants que d'autres sur le sujet et s'étonnent d'une telle réaction de la part de ce groupe là en particulier. D'une façon générale, ce n'est pas parce que le groupe ne produit pas une musique politique que les auteurs n'ont pas le droit d'émettre un avis sur un événement quel qu'il soit et a fortiori quand celui-ci active la corde lacrymale. En appui, on ajoutera que quelques unes des chansons de Frank Black (solo) s'intéressent à des personnages arabes persécutés ou déracinés, comme le superbe "Last Stand of Shazeb Andleeb", qui parle d'un exilé pakistanais à Marseille et qui termine brillamment The Cult Of Ray. Pour le reste, il faut avouer qu'on n'est pas bouleversés par la portée de l'événement. De toute façon, on les a vus et revus en France ces dernières années. Et puis Frank Black, c'est aussi "Freedom Rock".
Frank Black - Freedom rock live