Cloud Nothings : 1er album choc-rock de 2012

08/02/2012 - 14h40
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Cloud Nothings : 1er album choc-rock de 2012

 

 

 

 

 

Il n'y a plus grand monde qui croit au punk rock depuis 10 ans, au rock garage et à cette façon de faire du rock, un peu cradingue et qui grésille, disparue avec le début des années 2000 (et la mort de Kurt Cobain ?). En ce début d'année 2012, il y a un groupe qui peut faire mentir cet état de fait et c'est sans conteste le Cloud Nothings de Dylan Baldi. Le troisième album du groupe à l'image de son titre d'ouverture, l'immense "No Future/ No Past", au titre programmatique, fait partie de ces albums qui vous rajeunissent tout en vous ramenant des années en arrière/en avant. Les deux premiers essais du groupe manquaient de cohésion et c'est auprès de Steve Albini (pas un hasard) que Baldi, qui n'a toujours pas 20 ans, est allé chercher le secret des guitares qui chantent et qui explosent comme saisies sur le vif.

 

 

 

 

 

Attack On Memory fait exactement ce que son titre promet mais un peu plus aussi : il y a des mélodies imparables (« Wasted Days »), de l'invention, de la hargne et une sorte de poésie emo en guise de textes qui rappelle l'urgence et le talent des Placebo des premiers temps. Cloud Nothings ne fait pas dans la nuance mais renoue avec l'esthétique slackers, no-life et partisan de la grande escapade des années 90. Le son est dur, speedé mais traîne à l'image de la voix cassée de son leader adolescent et compositeur en chef.

 

 

 

On ne sait pas encore, pour le moment, si Cloud Nothings est un groupe épais ou un groupe qui s'effondrera sur lui-même un peu plus tard mais Attack On Memory est une sacrée réussite. Il faut oser servir 8 titres et pas un de plus tandis que tous les autres vont taquiner les 17 morceaux sur des galettes remplies de fillers. Cloud Nothings tente des choses qui rebondissent et surprennent comme ce "Wasted days" justement qui s'étale sur près de 9 minutes pas usantes pour un sou. Les guitares vont à toute vitesse et le chant s'époumonne pour délivrer des messages venus de cet autre temps où les types avaient des crêtes sur la tête, faisaient du skate-board bourrés ou fumaient de l'herbe dans les rues. Sur "Stay Useless", Dylan Baldi dialogue avec les grands slackers de l'histoire, Malkmus en tête, mais aussi avec ses successeurs doués comme le jmenfoutiste suprême Nathan Williams de Wavves. La fraîcheur de Baldi et de Cloud Nothings est une excellente nouvelle. Enfin des types qui s'excitent sur leur manche comme des dingues, des types qui écoutent à peine ce qu'ils chantent et font du bruit pour du bruit. La chose est simple : il n'y a rien à jeter sur cet album, c'est un album parfait, vulgaire, direct, un peu shoegaze, un peu punk, un peu Hoodien sur les bords, une vraie petite claque qu'on rêverait de reprendre dans la gueule et les oreilles chaque matin.

 

 

Cloud Nothings - No Future/ No Past

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