
C'est l'une des nouvelles pratiques en vogue sur le web 2.0 (ou ce que vous voudrez) et ça consiste à planquer des avatars ou des photos de vos artistes préférés dans des décors qui les ont inspirés ou qui ont compté pour leur oeuvre. Il y a quelques jours, une image de Morrissey (extraite de l'artwork de ) s'était glissée sur Google Earth.
Dit de manière compliquée, disons que ce jeu de noyautage du réel par des images fantasmées (puisque l'intéressé n'est pas où on le situe) relève à la fois de l'art, du happening et de ce que les situationnistes avaient baptisé psychogéographie où comment un lieu pouvait être attaché à une émotion ou l'inverse. En clair, un endroit est la somme des passages et des vies qui s'y sont déroulées. Certaines comptant plus que d'autres. L'artiste conceptuel, designer et architecte Ste Allan s'est ainsi amusé à dissimuler à l'emplacement du Salford Lads Club à Manchester/Salford un Morrissey pixellisé. L'avatar était visible aux alentours de la nouvelle année. Il ne l'est plus aujourd'hui. Rappelons que ce lieu est à jamais attaché à la mémoire de The Smiths qui en ont fait un sujet de clips et surtout une illustration de pochette (arrière) pour leur chef d'oeuvre The Queen Is Dead. Le faux Morrissey s'est donc retrouvé dans sa pose caractéristique, bras croisés sur huppe dressée, géolocalisé l'espace de quelques jours sur ce lieu qui fait l'objet depuis 25 ans de pélerinage organisé (à ce sujet, voir notre diapo sur Les lieux rendus célèbres par une pochette d'album).
Dans le même mouvement, on pouvait aussi observer les Blues Brothers en train de sauter du Tacony Palmyra Bridge et un obscur chasseur de crocodiles, Steve Irvin, se tenir à proximité du Sydney Opera House.
Voir aussi- Le tourisme musical rapporte 864 millions de livres à l'économie du Royaume-Uni- Le chat s'affiche sur les couv d'albums cultes chez The Kitten Covers
Par Benjamin Berton