Cargo City : l'avenir de la pop peut-il être... allemand ?

02/12/2008 - 17h38
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Cargo City : l'avenir de la pop peut-il être... allemand ?

 Ceux qui aiment la pop savent que la différence entre Marc Almond et... Rick Astley, entre les Pet Shop Boys ou New Order et... Sigue Sigue Spoutnik, la différence entre Stephen Jones et... Coldplay ou James Blunt, ne tient souvent qu'à un fil, souvent ténu et presque toujours indicible. Qu'est-ce qui fait qu'une chanson pop est belle et simple et une autre simplement idiote ? Rien qui s'explique scientifiquement, une voix qui chante bizarremment, des arrangements clairs et tordus à la fois, des paroles un peu plus tristes que la moyenne.  Je m'étais enthousiasmé tout seul, l'année dernière, pour l'album de Plastic Operator et voilà que ça me reprend en cette fin d'année. Le symptôme est grave et... allemand en plus. Derrière Cargo City dont le premier album est sorti juste avant l'été, se cache un homme seul du nom de Simon Konrad, éjecté d'un obscur groupe allemand baptisé Siamese. Le credo de Cargo City est de mélanger la pop acoustique (une guitare, une voix) et des éléments électroniques, comme Plastic Operator justement. Le résultat est assez proche du duo, mélancolique, triste à mourir et harmonieux en diable. Cargo City remue des légendes mortes, le beau et casse-gueule "Kennedy and Monroe", l'assez gnangnan single "Ode to No One", ou le magnifique et tubesque "When I Sleep I disappear", une petite bombinette électropop qui mériterait, sur son évidence, d'intégrer tous les tops de fin d'année. Konrad chante comme un boys band à lui tout seul et navigue toujours entre romanstisme exacerbé et sensiblerie. "You said we´re like Kennedy and Monroe / you only want to let me know / we´re the right connection / in the very wrong time / and you will never be mine." "Castle Built On Sand" ressemble à du Nick Drake heureux. C'est à peu près aussi nunuche et désespéré que ça mais ça fait un bien fou. Cargo City s'écoute au petit déjeuner et aussi le soir quand la pluie tape sur la vitre de la véranda. Comme tous les grands disques de désespoir pop, il s'adresse avant tout aux... hommes qui ont le coeur brisé, aux gays, aux transgenres, au fanclub de Morrissey, aux Curistes, aux filles qui cherchent l'amour et à ceux qui pensent que le premier album de Jay-Jay Johanson était pas mal du tout. A presque tout le monde en fait. Pour le moment, le garçon est inconnu et ne tourne qu'en Allemagne. Pour les snobs, on est les premiers à en parler vraiment. Enfin, je crois....

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