
Comme le dit l'un des commentaires sous le clip promotionnel, "Beautiful women, sensual movements, intriguant guitar, and of course the amazingly sinful VOICE. Welcome back Mr Ferry". C'est tout Bryan Ferry ça, impossible de se tromper sur l'auteur de cette chanson "You Can Dance" passées les trois premières notes.
De nouveau acoquinés pour ce nouvel album, avec quelques uns de ses vieux comparses de Roxy Music. Phil Manzarena, Brian Eno et Andy Mac Kay, Bryan Ferry crée l'événement. Ces hommes du passé venus du futur n'avaient quasiment pas retravaillé (tous) ensemble depuis 30 ans et l'album . L'album qui sort le 25 octobre en France est illustré par une photographie de l'incontournable Kate Moss, qui n'en est pas devenue pour autant la petite amie du chanteur, lequel a eu, par le passé, la bonne habitude de faire des conquêtes (dans un sens ou l'autre) les cover stars de ses albums. Pour Olympia, donc, pas de grosse surprise. "You Can Dance" rappelle immanquablement le David Bowie du milieu des années 90 avec ses arrangements sophistiqués et ses effets spéciaux. La voix de Ferry est un peu en retrait, mais ce n'est qu'une impression donnée par le mix.
Sur les 9 autres titres, l'album n'est pas franchement convaincant ni vraiment enthousiasmant, malgré l'effet de surprise (Ferry n'avait rien livré d'aussi neuf depuis.... 8 ans). En gros, on a aimé ou on n'aime pas : la voix du crooner fait son petit effet magique sur "Heartache by Numbers" et sur quelques autres morceaux mais la qualité des musiques et des textes n'est pas saisissante. Pas sûr que le grand Bryan se refasse une santé critique avec cet album mais le succès commercial en cette période de revival et de retours arrière devrait être assuré assez facilement. Alors qu'on annonçait une reformation de Roxy Music autour d'un nouveau projet, il semble que cet en tienne lieu. C'est un demi-mal ou un demi-bien au choix. On signalera néanmoins quelques pépites comme le très beau "Song to The Siren", chanté comme à la parade et qui ferait fondre une nonne au beurre, le très classieux et magnifique "Reason or Rhyme" ou le mélancolique "No Face, No Name, No Number". C'est finalement dans cette veine dépouillée et ultrasimple (soit 5 chansons ici, ce qui sauve carrément la mise) que le vieux Ferry est le plus efficace, la chevelure au vent, les arpèges de guitare en guimauve et le col ouvert sur 3 boutons. Le mix world de l'affreux "BF Bass (ode to Olympia") est à déguster en premier si on veut se convaincre de l'inanité de l'entreprise.
Song to The Siren
Bryan Ferry - You Can Dance