
Ce n'est pas que j'y attache une importance particulière mais plutôt que sa disparition est entourée pour moi d'un de ces mystéres insondables qui font aujourd'hui la civilisation. Star d'une saison, d'un jour ou d'un mois, les disparitions musicales pour le meilleur (Magali Vaé, les L5, Lionel Jaioubliésonnom de famille,...) ou pour le pire (la Saga Day One, l'excellent groupe trip-hop Earthling et d'autres) rythment l'actualité et d'une certaine façon notre rapport à la musique. Faut-il y voir l'encensement un peu trop rapide de personnages ou groupes qui n'en valaient pas la peine, n'en avaient pas sous la semelle, ou les effets pernicieux d'un système qui ne laisse pas le temps au temps, qui broie et malaxe les "créatifs" au point de les soulever un jour suffisamment haut pour qu'on les ait en ligne de mire et de les écrabouiller, ensuite, dans un rouleau tumultueux ? Faut-il y voir cette preuve cruelle que la malédiction warholienne des 5 minutes de célébrité n'est pas une connerie statistique ? Parmi ces (regrettés) disparus, Yannick est la figure emblématique d'une "étoile" qui a vu la lumière du jour avant d'être soufflée pour une probable éternité aux portes de l'an 2000. Son titre était assez mauvais, décalqué d'après Claude François évidemment, mais chanté avec suffisamment d'allégresse et de cool attitude (on se serait cru parfois chez les Was et leur "Walk Like A Dinosaur"), pour que même les plus rétifs à ce genre de hits industriels aient fait le pas de danse avec le jeune homme. Yannick était le visage même du bonheur lorsqu'il dansait sur les plateaux de télé. Se doutait-il ? Sur le net ou ailleurs, il apparaît quasi impossible de trouver autre chose que mille fois le texte de son unique hit, une vingtaine de vidéos où l'on peut essayer de revivre ce qui se passait autour de lui. Au présent (je ne parle pas même du futur), rien. Aucun signe. Aucune trace. Il est faux de croire que l'Internet dit tout sur tout. On y laisse des sillons sanglants mais ce n'est pas un instrument pour prédire le présent à tous les coups. A rebours, les paroles de "Ces soirées là" sont quasi prophétiques et mélancoliques. C'était il y a 7 ans et Yannick cherche toujours la lumière. Snif.
Ces soirées la!Avant meme qu'elles aies commencéesOn est déja dans l'ambiance et...A peine entré sur la pisteOn lance le dernier pasAvec beaucoup plus de styleQue TravoltaPar contre soufflé dans la foule on part en r'connaissanceEt la seule chose a laquelle on penseChacun fait son numeroPour en avoir un vite rentré sans rien , pas moyen.
Ces soirées là.
Par Benjamin Berton