
Alex Chilton avait commencé comme pourvoyeur de tubes R&B ni trop noirs ni trop blancs pour ne pas cartonner des deux côtés de l'apartheid radio aux USA, mais ça ne lui suffisait pas. Dans les années 1970, avec son ami Chris Bell il fonde Big Star, un groupe de pop sous influence british qui deviendra le plus parfait et tragique exemple du cliché "ils auraient du être numéro un partout, mais...". Avec Bell, Chilton écrit les plus beaux tubes potentiels du monde, mais même si les DJ des plus grandes radios les adorent, le label n'est pas à la hauteur et les disques sont très mal distribués.
Aigri, de plus en plus drogué, séparé de Bell, Chilton transforme la discographie de Big Star en un magnifique cimetière musical où les plus belles mélodies viennent mourir sous les coups de son jeu de guitare de plus en plus erratique. Il enchainera avec des albums solos fortement alcoolisés, sur des labels obscurs avec de plus en plus l'air de s'en foutre, ce qui donnera des résultats très inégaux mais lui vaudra, comme à quelques autres, le titre de "parrain du punk". Il aura influencé tout le rock alternatif américain, R.E.M. en tête, tout le mouvement lo-fi, Wilco via les Replacements, qui avaient carrément donné son nom à l'une de leurs chansons, et un nombre incalculable d'autres artistes qui ont repris ses chansons les plus connues : "Thirteen", "Ballad Of El Goodo", "September Girls"...
Alex Chilton aurait du avoir soixante ans à la fin de l'année, mais on l'a retrouvé mort d'une crise cardiaque cette nuit dans un hôpital à la Nouvelle Orléans.
Par Cédric Le Merrer Follow @GoldfishFight