
On a enfin vu X-Men Origins : Wolverine dans sa version définitive et pu apprécier le coup de griffes de Hugh "Logan" hugh jackman. Comme on s'y attendait (un peu), l'ensemble est enlevé, formidablement spectaculaire mais échoue encore une fois à rendre toute la complexité et la profondeur d'un personnage qui, avec les années, était devenu l'un des plus intéressants de l'univers Marvel. Le film n'est pas bon, tout le monde le dit, et encore moins une réussite absolue pour les amateurs de comics et les fans du griffu.
Logan est le Lucky Luke barbare des X-Men, un monstre de sauvagerie capable d'éructations animales et en même temps (l'un de ses points communs avec Hulk), un animal blessé, un enfant abîmé, amnésique à la recherche de sa part d'humanité. Alors que les comics choisissent souvent leur angle d'attaque : l'action ou l'introspection en dominante mais sans renoncer au fil des séquences à jouer sur les deux pôles d'attraction du poilu, le film hésite assez peu avant de laisser tomber la part sombre de Wolverine pour en faire une machine de guerre. Le début du film est symptomatique de cette option : le réalisateur démarre en copiant quasi plan à plan le Wolverine Origins de richard jenkins et andy kubert et ouvre sur une scène iniatique qui nous donne un aperçu de ce qu'aurait pu être un film de Wolverine victorien et inspiré des Hauts de Hurlevent (ce qui est le cas de ce chef d'oeuvre bande-dessinée).
Logan est flanqué d'un pâlot Sabretooth, trop méchant pour être crédible sur la pellicule; Wolverine le film devient un film d'action assez traditionnel d'où les éléments psychologiques introduits par le run de Barry Windsor Smith sont soigneusement évacués. Il aura beau perdre 2 fois sa nana, Jackman n'approche jamais la justesse et la tristesse des comics. Quitte à aller jusqu'au bout, Marvel aurait dû se payer d'emblée un Wolverine vs Hulk qui aurait eu une meilleure gueule, ou à développer l'alliance Wolverine-Captain America contre le joug nazi. (Question subsidiaire : quelqu'un a-t-il vu un cameo lors du débarquement du Captain ? Pas moi en tout cas....)
Etrangement et pour une fois, c'est donc la relative homogénéité du film qui plombe son impact et limite sa séduction. L'équipe de superbâtards réunie autour du griffu n'est pas assez individualisée pour prendre corps - elle n'existe pas sous cette forme dans les comics, le réalisateur ayant essayé de fourrer le maximum de personnages en un minimum de temps - et s'en désintéressant dès qu'il a présenté (en 10 minutes) les pouvoirs des uns et des autres. Il ne s'agissait pas de refaire les Inglorious Bastards ou les X Men, mais tout de même. A quoi bon se payer une équipe si c'est pour s'en servir si peu ? Au jeu du qui s'en sort le mieux, Gambit tire son épingle du jeu, Deadpool est à la ramasse en ninja blanc démasqué. Pour le reste, l'équipe ne vaut pas grand chose et le personnage de généralissime devenu emblématique des films adaptés de comics (voir Iron Man, Hulk,...) n'a pas plus d'intérêt qu'ailleurs.

Là encore, si on peut reprocher une chose au film, c'est son parti pris d'efficacité à tout va et l'incapacité à ralentir le rythme, qui est l'un des travers du cinéma Marvel actuel (je mets de côté le Hulk de Ang Lee, le seul peut-être à avoir échappé à la règle et qui l'a payé cher). Point positif tout de même côté ciné : les scènes de transformation (injection du produit, plan du squelette) de Wolvie en bête d'adamantium sont épatantes et graphiquement superbes, ce que la BD n'a jamais réussi à rendre de cette manière. Quant à Hugh Jackman, son charme ténébreux nous laisse tout de même un peu sur notre faim. Si on s'est habitué avec les films X Men à le voir dans ce rôle, on peut, en lecteurs avertis des comics, le trouver un peu trop "mannequin" et sec pour le rôle. Son poil est trop bien taillé et presque trop discipliné pour le personnage qu'on connaît. Son regard est trop "normal" et travaillé pour convaincre dans les grandes scènes de colère, comme si, à chaque fois, il avait voulu poser sur la photo. Le Wolverine de bande dessinée a une énergie et une animalité que Jackman n'approche que trop rarement. Sa vision d'un Wolverine sombre est un peu trop claire pour nous.
Les livres ou le film donc ? Comme à chaque fois, on répond la même chose : les livres bien sûr mais on peut aussi voir le film pour d'autres raisons et s'amuser tout autant. La distribution (officielle) de pop corns, c'est maintenant sur vos écrans. Pour les autres, c'est aussi la fête à Wolvie dans les étals de librairie avec des rééditions si nombreuses qu'on n'ose même pas les détailler.