Walter Benjamin et la mort de Lénine

06/04/2007 - 10h27
  • Partager sur :
  • 0

 

 

 

21 janvier - c'est l'anniversaire de la mort de Lénine. Tous les lieux de divertissement restent fermés. Mais le jour fermé pour les boutiques et les bureaux n'est, en raison du "régime économique", que le lendemain, un samedi, qui de toute façon n'est qu'une demi-journée ouvrable. Je suis allé de bonne heure voir Schick à la banque et, là, j'ai appris que la visite chez Mouskine, chez qui je devais voir une collection de livres pour enfants, a été fixée au samedi. Changé de l'argent et allé au musée des jouets. Cette fois-ci, j'ai enfin fait un pas en avant (...) La veille au soir, Asja m'a invité, alors que j'étais sur le départ, à venir avec elle vers deux heures au théêtre pour enfants qui joue dans la Tverskaïa, dans la maison du cinéma "Arts". Mais que je suis arrivé, le théâtre était désert, j'ai vu qu'il était peu probable qu'on joue ce jour-là. Enfin, le gardien m'a renvoyé également d'un vestibule où je voulais me réchauffer, en me faisant remarquer le théâtre était fermé. Après que j'ai eu attendu dehors un moment, Mania est arrivée avec un billet d'Asja. Il y était écrit qu'elle s'était trompée et que la représentation était samedi, pas vendredi. Sur ce, j'ai acheté des bougies avec le secours de Mania. Mes yeux étaient déjà tout irrités par la lumière des bougies. Parce que je voulais gagner du temps pour mon travail, je ne suis pas allé au Dom Herzena (qui était d'ailleurs probablement fermé ce jour-là) mais à la stolovaïa, à proximité de chez moi. Le repas était cher, mais pas mauvais. Mais dans ma chambre, je n'ai pas travaillé à Proust comme je me l'étais proposé, mais à une riposte à la notice mauvaise et grossière que Franz Blei a composée sur Rilke. Plus tard, j'en ai donné lecture à Asja et ce qu'elle m'en a dit m'a amené à la remanier encore le soir même et le jour suivant. Au demeurant, elle n'allait pas bien."

 

Défaite quand tu nous tiens. Le journal de Moscou est à l'avenant. Walter Benjamin s'y épuise sur tous les fronts : amoureux, théoriques et professionnels. Chaque initiative, pour des raisons diverses et variées, capote en quelques jours. On peut en sourire, parfois, mais aussi ressentir la tristesse qui enveloppe ce grand homme, l'énergie vitale qui s'en échappe jour après jour.

 

Par Benjamin Berton
COMMENTAIRES
Connectez-vous en cliquant ici pour laisser un commentaire en utilisant votre pseudo. Si vous ne vous loguez pas, votre commentaire n'apparaîtra qu'en ANONYME.
    Toutes les rubriques
    • Cinéma
    • /
    • Société
    • /
    • Livres
    • /
    • Télé
    • /
    • Musique
    • /
    • Expos
    • /
    • Photos
    • /
    • Forum
    articles les + lus
    • Daft Punk – Random Access Memories : un rendez-vous manqué avec l’histoire
    • Photos : sur le chemin de la morgue
    • Si la Terre avait des anneaux comme Saturne
    • Bientôt une revue scientifique consacrée au porno
    • Bras-serpents et jambes en cristaux : les prothèses du futur
    • Quelle est l'espérance de vie des super-héros ?
    • The National – Trouble Will Find Me : la perfection au masculin
    Les Derniers Tweets de Fluctuat