Ulysse, L'Attrape-coeurs... Ces classiques qu'on surestime

15/08/2011 - 19h26
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 On connaît bien le syndrome du grand classique de l'été. Celui qu'on n'a jamais réussi à lire en entier, qu'on emmène à la plage plein de bonnes intentions et qu'on délaisse finalement à la douzième page. Deux raisons à cela : d'abord, la Pléiade et le sable mouillé ne font pas forcément bon ménage ; ensuite, soyons francs, certains monuments littéraires ne sont pas aussi grandioses qu'on le croit. Vieillis, fastidieux ou simplement pas excellents, ils entrent dans la catégorie très subjective des chefs-d'oeuvre surestimés.En toute mauvaise foi, The Huffington Post a osé avancer une liste de cinq titres, déchaînant, bien sûr, un monceau de commentaires rageurs (749 à l'heure où nous écrivons). Sont qualifiés de « bad classics » : de Samuel Beckett (« deux actes de répétitions »), d'Herman Melville (« des descriptions interminables »), de J.D. Salinger (« inutilement long et plaintif »), d'Albert Camus (« un style fade ») et de James Joyce (« imbitable »).Depuis sa publication en 1922, l'Ulysse de Joyce a toujours suscité la controverse, d'abord interdit aux Etats-Unis en 1931 pour son caractère prétendument pornographique, souvent jugé opaque et prétentieux par la suite. C'est donc logiquement qu'on le retrouve dans une autre liste noire, cette fois établie par le site américain Slate à partir de témoignages d'écrivains, de critiques et d'éditeurs. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que Daniel Mendelsohn, auteur de Si beau, si fragile (Flammarion), est bien fâché avec Ulysse : «C'est comme si Joyce était à la fois l'auteur de son livre et le futur thésard en littérature comparée tentant de le déchiffrer. Pas étonnant qu'Ulysse soit devenu la bible des départements de littérature : on dirait presque qu'il a été écrit pour les théoriciens.»L'article de Slate montre également du doigt Don Quichotte de Cervantès, que le critique littéraire du New York Times Dwight Garner essaie de lire tous les cinq ans sans parvenir à dépasser la page 37, ou, à nouveau, L'Attrape-coeurs, dont l'écrivain américain Tom Perrotta avoue détester le jeune héros Holden. A noter encore la présence de Saul Bellow (avec La Planète de M. Sammler), de Thomas Hardy et d'Henry James. James Joyce s'offre même le privilège de placer un deuxième titre dans la liste : , dézingué par le critique Lee Siegel. Tant de haine donnerait presque envie de se replonger dans son oeuvre complète. L'été prochain ?

Par Thomas Stélandre
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