
On en aurait du vous en parler avant mais il n'est jamais trop tard pour dire tout le bien que l'on pense de Transfuge. Comme à chacune de ses livraisons, le dernier numéro du magazine de la littérature étrangère regorge de pépites. Outre les nombreuses critiques littéraires, un hommage à Carlos Fuentes, une rencontre avec Iris Murdoch et une autre avec Jonathan Coe, Transfuge propose surtout une passionnante interview avec Haruki Murakami. L'écrivain japonais y évoque notamment l'influence de la culture américaine sur son oeuvre, influence qui passe aussi bien par les romans de Chandler que par les films de Lynch. L'auteur de Kafka sur le rivage revient aussi sur quelques uns de ses fondamentaux : obsession à lier réalité terrestre et monde des esprits, goût immodéré pour les personnages hors-normes qui refusent le modèle étouffant du salariat nippon. Intelligent sans être rébarbatif, l'entretien parle aussi cuisine et musique.Autre temps fort de la revue, un solide et ambitieux dossier sur Bukowski, auquel participe notamment François Bégaudeau. L'auteur de "jouer juste" explique en quoi le réel le plus violent est la meilleur source d'inspiration du poète underground. Dans ces pages, il est aussi question de la fonction dionysiaque de l'écrivain, de puritanisme et de dépravation, de Hollywood et de la figure paternelle de Hemingway. Mais on n'en dira pas plus. Pourquoi ? Parce qu'on n'a plus de place.
Par Daniel De AlmeidaFollow @dandealmeida