
La série de portraits rock en BD était plutôt une bonne idée à la base. A l'arrivée, cela donne souvent des résultats décevants à quelques exceptions près, comme l'esthétique Voodoo Child de Bill Sienkiewicz, sortie il y a un bon milliard d'années. Après The Beatles en biographie, en tee-shirt et bientôt en jeux vidéo, voici donc la bande-dessinée franchouille à la gloire des Fab Four qui entreprend de relater la vie et la mort des Beatles, depuis leurs premiers pas, jusqu'à nos jours, la mort de john lennon, d'george harrison etc.
Le scénario de The Beatles en bande dessinée est signé Gaet's, les textes sont de Stéphane Nappez et les dessins réalisés par une légion d'artistes aux styles très différents mais tous plutôt pertinents (on aime les cartoons ou 100% numériques, mais il en faut pour tous les goûts), du numérique au crayonné, ce qui n'est pas un handicap majeur (au contraire )pour le rendu final. Les textes sont volontairement décontractés et si l'écriture est parfois en roue libre, il faut saluer leur qualité documentaire, leur concision et leur remarquable lisibilité. Les informations recueillies ici sont globalement connues d'à peu près tous les amateurs mais les auteurs n'ont pas commis d'erreurs majeures et font preuve d'une belle érudition sur certains aspects qui nous intéressent particulièrement comme la fameuse affaire de la mort (supposée) de paul mccartney, la séparation du groupe ou le séjour allemand.
Ce qui pêche ici et empêche l'ouvrage de décoller, c'est le concept même du projet. Le livre est découpé en séquences chronologiques, chacune dessinée par un artiste différent et précédé d'un texte qui le plus souvent fournit 85 à 90% des informations qui sont présentées dans les 3 ou 4 pages de BD qui suivent. Du coup, et cela arrive plus souvent qu'on le souhaiterait, la lecture de la BD n'apparaît que comme une redite du texte introductif, ce qui en rend la lecture bien moins passionnante. A quoi bon faire un livre de BD avec si peu de planches et "si beaucoup" de textes ? Cette lacune ne gâche pas la lecture qui reste sympathique et stimulante mais pourrait être perçue comme un manque de respect du support graphique, ou un manque de confiance en ses moyens. Dommage. Le livre n'en reste pas moins un vrai petit bonheur pour ceux qui aiment les chansons des 4 passionément, un peu ou à la folie. Faute de grives, on bouffera des scarabées.
The Beatles en bande dessinée, Gaet's et Stéphane Nappez, Petit à petit.