
Sorti en France il y a quelques mois maintenant, l'album Red Son du scénariste star de DC, Mark Millar (Ultimates), est une reprise de la mini-série lancée l'année dernière en ouverture de la collection DC Heroes. Après le Superman qui tarde à rejoindre la Justice League of America (dans le Clou 1, dont le second volume vient de sortir), voici, pire que tout, un Superman rouge, au Pays des Soviets.Le postulat de la série est simple. Superman n'a pas atterri chez les Kent, dans la campagne US, mais dans les plaines de Russie en pleine Guerre Froide. Du coup, repéré enfant par le régime de Moscou, Superman va être utilisé par les Soviets pour incarner l'homo sovieticus, sa force, sa vigueur, sa générosité, etc. Ce qui est marrant dans Red Son, servi par le dessin à la fois réaliste et emphatique de Dave Johnson et Kilian Plunkett, c'est que la mythologie de Superman qu'on croyait archétypale du modèle américain se retourne comme une vulgaire chaussette pour servir un idéal opposé ou presque. Le Superman communiste tient assez bien la route avant, Américanisme oblige, de découvrir qu'on lui cache des choses. Devenu leader de son pays par altruisme et vraie sincérité, Superman apprend, comme son homologue US, le dur métier de justicier international parmi des politiques corrompus. La série a le mérite de souligner l'universalité du super-héros qui "fonctionne" en toutes circonstances. Rouge, bleu, vert ou jaune, Superman est avant tout un Dieu-Homme, concentrant toutes les qualités de l'espèce.La fin de la série n'est pas forcément ce qu'on préfère, sachant que Millar a dû prendre un plaisir monstre (et audacieux) à écorner par ce procédé l'Amérique bushienne, ce qui, depuis la France, ne nous paraît pas un exploit mais mérite d'être signalé. Red Son reste une curiosité à découvrir, un cran en dessous des Ultimates.
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