
Après les clubs de baston (Fight Club), les ados terroristes (Pygmy) et les renégats tarés (Peste) Chuck Palahniuk continue d’arpenter la société américaine par les marges et s’intéresse cette fois au milieu du porno.
Snuff, son roman à paraître en septembre, a pour cadre le gang bang ambitieux d’une actrice de X qui entend faire de ses 600 derniers actes sexuels le sommet de sa carrière.
L’histoire est racontée par trois acteurs, un débutant, un acteur confirmé et une star masculine mythique du porno.
Comme d’hab, Palahniuk ne s’embarrasse pas de dispositif narratif trop élaboré, la construction de ces livres est soit totalement foutraque – et parfois à la limite de l’incompréhension – soit aussi banale que celle d’un téléfilm. Son talent est dans la précision et la simplicité de sa langue. La qualité de ses derniers romans a également sérieusement pâti du goût lassant de l'auteur pour la provocation permanente
Le magazine littéraire publie dans sa livraison d’août les 3 premiers chapitres traduits du roman qui sortira en septembre. Il semblerait que Palahniuk soit un peu plus économe dans son envie de choquer.
En voici un extrait :
Certains n’ont jamais rien enfilé d’autre que leur poing, et ne connaissent Cassie que par les vidéos. Pour eux, c’est de l’ordre de la fidélité. Du nuptial. Pour ces mecs-là, avec leurs petits cadeaux, c’est un peu comme une lune de miel. Ils vont pouvoir consommer.
Aujourd’hui, c’est sa dernière performance. Le contraire d’un voyage de noces. En haut de ces marches, pour tous ceux qui passeront après le cinquantième, Cassie Wright ressemblera à un cratère laissé par une bombe et nappé de vaseline ? En chair et en os, mais comme si quelque chose avait explosé en elle.
A nous voir, vous ne diriez jamais que nous entrons dans la légende. Le record définitif.
Snuff de Chuck Palahniuk (editions Sonatine)