
"L'enfer, c'est les autres", "Un trône n'est qu'un banc recouvert de velours" : les usagers du métro londonien peuvent désormais méditer sur quelques phrases qui leur sont soumises, entassés dans une rame ou sommeillant sur leur siège.
L'idée est née dans l'esprit de l'artiste Jeremy Deller, déprimé par les messages habituels du genre "Attention à la marche en descendant du train". En mars dernier, le personnel du Tube a donc reçu des recueils de citations conçus par l'artiste, dont ils peuvent lire des extraits aux passagers de la Picadilly Line, une des lignes les plus fréquentées du réseau. Histoire de calmer les nerfs, et de briser la monotonie souterraine.
En ces temps de chaleur et de haute fréquentation touristique, et si la RATP suivait le mouvement ? Quelques suggestions :
A minuit et demi, l'attente du métro est estimée à 12 minutes sur le panneau lumineux. Oui, mais "Les temps sont courts à celui qui pense, et interminables à celui qui désire." (Alain).
Le métro s'arrête en plein élan, l'arrêt se prolonge, puis les lumières s'éteignent dans la rame. Heureusement, "Il ne faut cesser de s'enfoncer dans sa nuit : c'est alors que brusquement la lumière se fait." (Francis Ponge)
Un accordéoniste entre dans le wagon, entonne La Foule d'Edith Piaf, alors qu'on venait de choisir sa chanson préférée sur son mp3. Ne pas oublier que "Pour celui qui est très seul, le bruit est déjà une consolation." (Nietzsche)
Escaliers, couloirs et affiches publicitaires se succèdent. Finalement, le changement se révèle deux fois plus long l'on qu'on l'avait calculé. Pas grave, puisque "En vérité, je ne voyage pas, moi, pour atteindre un endroit précis, mais pour marcher, par simple plaisir de voyager." (R.L. Stevenson)
A 8h30 du matin un 12 août, la température atteint tranquillement les 32 degrés. La douche matinale semble déjà remonter à la semaine précédente. Mais comme selon Jean Cocteau, "l'oeuvre est une sueur", chaque goutte qui coule sous le T-shirt devient précieuse.
Lorsqu'à 10h07 vous appelez votre rendez-vous de 10 heures pour le prévenir que vous aurez du retard, car le métro n'avance plus: la phrase de Pascal, "On ne peut être en retard si on est dans l'infini" lui donnera de quoi patienter encore un bon quart d'heure.
Enfin, lors de la prochaine grève, coincé entre une femme qui râle et renifle, et un homme qui mâche son chewing-gum dans votre oreille, rappelez vous qu' "Il n'y a, au fond, de réel que l'humanité." (Auguste Comte)
D'autres idées ? Qu'aimeriez-vous qu'on vous murmure dans le métro?
Lire aussi :
Cinq raisons de lire à la plage
Cinq raisons de ne pas lire à la plage