Satellite Sisters : le grand retour de Maurice Dantec

29/06/2012 - 15h48
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Satellite Sisters : le grand retour de Maurice Dantec
Une suite pleine de promesses de Babylon Babies dans laquelle Dantec prolonge sa plus célèbre saga entamée avec La Sirène Rouge il y a près de vingt ans.

Pour les nombreux et fidèles lecteurs de Maurice Dantec (dont nous sommes), la date est déjà notée dans les agendas depuis quelques mois. Le 23 août sortira le nouveau roman de notre exilé canadien préféré et plus grand auteur français d’anticipation sociale vivant (et en bonne santé). On n’est pas certains, parce que Dantec est Dantec, parce que la SF est la SF, et parce que les éditions Ring sont des nouveaux entrants sur la scène éditoriale que le système littéraire choisira d’en faire un des évènements « officiels » et sponsorisés par les écrivains de France de la rentrée. La magnifique couverture dessinée par Liberatore pourrait aider. C’est une splendeur dont on mourrait d’envie de voir le traitement original (cf ci-dessous).

Satellitte Sisters sera non seulement l’occasion de retrouver Dantec, un peu plus de deux ans après l’impeccable Métacortex mais surtout de renouer littérairement avec une saga héroïque (la sienne), démarrée avec La Sirène Rouge et prolongée autour du mercenaire Toorop avec le non moins réputé Babylon Babies, en 1999.

Le teaser du nouveau roman, qui fait l’objet d’un lancement ultrasoignée de la part des nouvelles éditions Ring, et sa quatrième de couverture ne font pour le moment que prolonger ce qu’on savait déjà depuis plus d’un an : Satellite Sisters promet de l’aventure, du voyage… spatial, et sans doute pas mal d’action. On y croisera bien entendu Toorop mais aussi les jumelles stellaires Zorn et quelques autres vieilles connaissances. C’est cette promesse d’un livre-épisode en forme de livre-monde qui excite la curiosité, en même temps que l’envie de voir ce qu’est capable de faire Dantec, plus de dix ans après, d’une situation et de caractères qui appartenaient, pour ainsi dire, à son ancien artisanat. Si le lectorat considère que Toorop et sa bande sont les personnages les plus marquants et les plus « mémorables » de l’univers de Dantec, il ne faut pas être bien aguerri pour savoir que l’écriture du bonhomme et son substrat référentiel ont fait un bon quantique (en avant, en profondeur et en largueur spatio-temporelle) depuis le double jalon que constituent les sorties de Villa Vortex (2003) et Cosmos Incorporated (2004).


Résolution de toute une oeuvre ?


C’est ce Dantec là, incroyablement aérien sur Grande Jonction et Artefact, qu’il nous intéresse aujourd’hui de voir confronté à ses propres fondations. Saura-t-il faire la jonction thématique, cinématique et littéraire entre les parties de son univers pour suggérer un grand tout en forme de résolution-révélation que son œuvre récente annonce en creux depuis des années ? L’enjeu en soi est démesuré et probablement hors d’atteinte. Les lecteurs rêvent d’un « vieux » Dantec qui embarquerait dans son ADN la marque et la vision prophétique des derniers ouvrages. Certains espèrent un simple retour aux sources. D’autres envisagent un voyage mêlant le meilleur des deux mondes. Si Satellite Sisters se pose d’emblée comme une sorte de nouveau western (le seul genre qui vaille finalement), il y a une chance que chacun soit exaucé. Ce qui est certain, c’est qu’on en aura pour notre argent. La quatrième de couverture révèle que Richard Branson sera du voyage ainsi que l’horripilant groupe Muse. Espérons que ce sera pour le meilleur et pour le crépuscule.

Quatrième de couverture :

« Fuyez l’atoll, sillonnez les déserts, les mers australes et la grande forêt amazonienne. Quittez la Terre pour la guerre des cartels, casinos et hôtels du Las Vegas orbital. Effacez vos ennemis. Abandonnez toute chance de retour. Toorop, Alice Kristensen, Marie, Sara et Ieva Zorn, la neuromatrice, Darquandier, Andreas Schaltzmann, mais aussi Richard Branson, Elon Musk, Fedor Emelianenko, le groupe Muse en show pyrotechnique à 600 kilomètres d’altitude... Thriller cométaire, road-movie crépusculaire, Satellite Sisters invite le lecteur vers la Haute-frontière sidérale, nouveau Far-West des pionniers orbitaux, où va commencer la plus importante partie de Black-jack de l’humanité tout entière.
 
Après La sirène rouge et Les racines du mal, Maurice G. Dantec prolonge sa plus célèbre épopée et signe d’un rouge martien la suite vertigineuse de Babylon Babies. »

Par Benjamin Berton
COMMENTAIRES
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MAURICE DANTEC est en conflit avec sa maison d'edition; l'ecrivain s'explique dans cet article : http://gonzai.com/maurice-g-dantec-entre-fiction-et-simulacres/
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Anonyme | le 07/09/2012 à 12h16 | Signaler un abus
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