Sandman 7 de Neil Gaiman : Vies Brèves & Longs plaisirs

03/12/2007 - 17h23
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L'auteur
Benjamin Berton
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On voudrait que les publications du Sandman ne se terminent jamais mais il faudra bien s'y résoudre : un jour, il n'y en aura plus. est le volume n°7 de la série des Sandman écrite par Neil Gaiman et dessinée ici par Thompson Locke et désormais éditée par Panini Comics (possible que ce soit le 8ème livre néanmoins, je n'ai pas vérifié). C'est peut-être le meilleur tome de la série depuis l'excellent .Vies Brèves repose sur une narration tout ce qu'il y a de plus limpide : la plus jeune des Eternels (en apparence), la foldingue Delirium, parvient à convaincre son frère Dream (le Sandman, donc) de s'embarquer dans une "aventure" à la recherche de leur frère disparu, le barbu et nordique Destruction. Sandman, qui sort d'un énième et douloureux chagrin d'amour, abandonne alors son royaume pour suivre sa frangine, sans enthousiasme d'abord (le moins que l'on puisse dire est que les liens familiaux chez les Eternels sont assez particuliers) puis avec l'idée (commune) que la quête est plus importante que son terme. Le duo tente alors de renouer le fil de la disparition (Destruction est parti de son plein gré et a choisi d'abandonner sa charge) en rencontrant les personnes qui ont vu leur frère ces dernières 200 années (ou à peu près).Le récit principal est entrecoupé, comme d'habitude, de flashbacks ou de mini-histoires qui se trouvent toutes reliées avec une inventivité et une force stupéfiantes aux personnages principaux. On navigue alors entre les dimensions, entre les continents mais surtout au milieu d'un océan de drames humains ou posthumains bouleversants. Les indices qui mènent à Destruction ont une fâcheuse tendance à disparaître dans des crimes ou morts horribles, à partir desquels Gaiman développe avec finesse sa sombre vision du monde. La notion de mortalité est au coeur de la plupart des histoires et avec elle, et en contrepoint gothique, l'espace d'humanité et de sentimentalisme qui caractérise la race humaine. Il est difficile de ne pas se laisser attendrir par la faiblesse psychologique de la jeune soeur, de ne pas se laisser contaminer par la tristesse ontologique et gothique du Sandman qui habite le récit de bout en bout de sa présence.Vies Brèves (dont le titre est à lui seul un manifeste) se termine sur les vingt ou trente meilleures pages de la saga : Sandman retrouve, dans des scènes déchirantes, son fils abandonné Orphée, dont la tête avait été coupée il y a quelques siècles de ça. Les retrouvailles seront intenses et nous laisseront baba tant le récit, partout surréaliste, excessif, réussira à retomber sur ses pieds, solides et à développer une morale surprenante sur le sens des responsabilités et le fardeau qui incombe à chacun. Sandman est une série que ses plus enthousiastes thuriféraires qualifient de "shakespearienne" : on voit bien pourquoi. Le dessin a beau être dérangeant, criard et finalement peu engageant, on trouve, dans chaque volume, la même démesure et la même débauche de moyens que dans les pièces du dramaturge, la même facilité surtout, à partir du foisonnement, à aboutir à des "conclusions" d'une pureté sidérante, d'une simplicité... biblique. Ceux qui continuent de snober les "comics" par principe seront bien inspirés de jeter un oeil sur cette série, de domestiquer l'âpreté du graphisme, parce que les romans sont rares, les films sont rares qui offrent une telle dose d'évasion, de stimulation intellectuelle et de plaisir. Neil GaimanPanini Comics

 

Par Benjamin Berton
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