
Parmi les grands poètes persans, jalad ud din rumi, pour les intimes, n'est pas le moindre.
Né dans l'actuel Afghanistan, en 1207, Rumi s'installe à Konya, au centre de la Turquie actuelle, avec sa famille pour fuir les invasions mongoles du début du XIIIème siècle. Son père dirige une madrasa. Il lit Esope et commence à écrire des poèmes mystiques qui seront plus tard rattachés à la veine proto-soufiste (il est également une figure tutélaire des derviches tourneurs).
Rumi prend l'époque à rebours et est connu pour avoir fréquenté à l'époque des chrétiens et des juifs, en plus de sa rencontre décisive avec Shams e-Tabrizi, un derviche errant, qui le bouleverse et devient son meilleur ami. Son oeuvre est constituée de recueils de paroles et surtout du , un ensemble allégorique de 40 000 et quelques vers.
Plus de 700 ans après sa mort, c'est un poète aujourd'hui très apprécié des Turcs et des Iraniens dont les vers, ramassés et poétiques, font preuve d'une certaine charge morale mais aussi d'une grande sensibilité. La traduction "modernisée" de "Sur le lit de mort" est un bel exemple de cette liberté d'expression et de la vivacité de ses approches poétiques.
Sur le lit de mort
Va t'en, pose ta tête sur un oreiller, dors, laisse moi tranquille; laisse moi brisé, vanné par le voyage que j'ai entrepris cette nuit, Enveloppé par la vague de la passion jusqu'à l'aube.Tu peux rester auprès de moi et me pardonner, Ou alors, si tu préfères, être cruelle et foutre le camp pour de bon,Eloigne toi de moi et des emmerdes;Joue la sécurité, évite le danger, Nous rampons jusque dans les recoins de la souffrance humaine, libérant un torrent de larmes follesTandis qu'un tyran au coeur de pierre massacre son monde,Et Personne n'est là pour dire : "Préparez vous à payer le prix du sang". La foi dans le Roi vient facilement lorsque tout va bien,Mais sois lui fidèle et déguste maintenant, amant palôtIl n'y a pas de remède à cette douleur, juste la mort,Alors pourquoi est-ce que je devrais dire : "Libère moi de cette douleur ?"La nuit dernière, j'ai rêvéD'un vieux type dans les jardins de l'amourQui d'un signe de la main, disait : "Viens un peu ici."Sur le sentier, Amour est émeraude,La belle verte qui garde du souffle du dragon,
Je me perds. Si tu es l'un de ces hommes érudits,Lis plutôt du classique, L'histoire des luttes des hommesEt ne t'embarque pas sur des vers médiocres.
(traduction libre)