Redécouvrir Philippe Garnier, fidèle héritier gonzo

19/09/2011 - 10h50
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C'est difficile à imaginer aujourd'hui, mais fut un temps où le quotidien Libération était une référence en matière de journalisme culturel, et particulièrement musical. C'est aussi un poncif dans notre pays, de dire que la critique musicale et la culture qui va avec, n'existe pas. Dans les années 80, toute une équipe formée autour de Bruno Bayon, Alain Pacadis ou encore Philippe Garnier venaient pourtant prouver le contraire en publiant des papiers largement digne de leurs confrères d'Outre-Atlantique et d'Outre-Manche, les Lester Bangs, Nick Kent et consort,.De fait, les plus jeunes et les plus dubitatifs bientôt pourront découvrir la qualité du travail effectué par les cadors de l'époque, grâce à la publication prochaine (le 5 octobre pour être exact) de , une anthologie des papiers écrit pour la chronique du même nom (L'oreille d'un sourd), que Philippe Garnier, sorte d'Ami Américain frenchy, signait pour Libé au moment où il tenait le rôle de "gonzo correspondant" à l'étranger.A cheval entre Los Angeles et Paris (quand ce n'était pas des destinations plus exotiques), c'était bien de "correspondance" dont il s'agissait en effet, et Garnier, en l'occurrence, était l'un des plus inclassables de l'époque. Dans sa chronique pour Libé, il couvrait aussi bien le plus casse-gueule des concerts des Cramps (qu'il a largement participé à faire connaître en France), que le rapport d'une ballade à Cleveland avec David Thomas de Pere Ubu. Il pouvait aussi bien traiter de Festival de cinéma underground, du Mexique en plein Mondial de foot, ou proposer des portraits d'écrivains et de réalisateurs oubliés ou encore inconnus (comme il en publiera plus tard dans Maquis - Aperçu d'un autre paysage américain). Sans oublier de délirantes chroniques, de disques, de livre et de film, encore non distribués en France.Bref, le Philippe Garnier d'alors, freestyle et freelance, ne pondant des papiers que sur ce qui le passionnait "sur le moment", se rapprochait largement du Hunter S. Thompson des 60's, et était certainement son plus fidèle héritier. C'est pour cela, et pour beaucoup d'autres choses évidemment, le style, la folie, le surréalisme, la culture tout azimut, que  L'oreille d'un sourd, ces "lettres d'Amérique" inclassables, doivent absolument être (re)découvertes. Philippe Garnier, L'Oreille d'un sourd : L'Amérique dans le rétroviseur, 30 ans de journalisme, Grasset.

Par Maxence
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