Promethea 7 et la fin de l'univers ABC

03/04/2010 - 10h22
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Promethea 7 et la fin de l'univers ABC

 

Englué dans la lecture des VO, on avait complètement oublié de signaler la récente publication du dernier volet de la saga Promethea orchestrée de main de maître (magique) par le duo Alan Moore et JH Williams III. Le volume 7, paru chez Panini, conclut donc les aventures de notre Promethea moderne Sophie Bangs, dans un final qui ne se contente pas de boucler la boucle mais conduit dans sa chute à la clôture de l'ensemble de l'univers mis en place par Alan Moore chez ABC.

 

On y retrouve donc, en plus de Sophie Promethea, de plus en plus menaçante et parfaite dans son incarnation spectaculaire d'une dualité humain-divin, raison-folie, passion-raison..., les personnages qui ont fait les grandes heures de la ligne mainstream lancée par le pape de Northampton, Tom Strong et quelques autres. Après avoir abandonné sa casaque magique, Sophie Bang mène une vie pépère et un peu misérable (joie du quotidien) quand le FBI et Tom Strong viennent la dénicher et réveiller son formidable pouvoir. Le monde court à la catastrophe quand, devenue incontrôlable, Promethea menace d'engloutir la Planète et de la submerger par son énergie destructrice.

 

Par delà l'énoncé (toujours un peu con) de ce qui se passe dans cet ultime volet de l'histoire, Promethea 7 conclut une saga épatante et d'une grande érudition. Le dernier tome de la série (le 32ème reproduit ici dans une version "livre" un peu décevante) reprend les grandes lignes du voyage dans une sorte de poster sidérant et qui permet une exploration pendant des heures et des heures des arcanes magiques et de leurs résonances historiques, révélées par Moore tout au long de l'aventure. Le personnage de Sophie Bangs est parmi les plus intenses et complexes créations de Moore : il articule à la perfection les fonctions de l'homme normal et du divin qui sous-tend l'existence superhéroïque. On y retrouve ainsi sous forme de compositions trinitaires toutes sortes d'échanges de valeurs, de rôles, de fonctions et d'identités qui bâtissent par leur empilement (un peu savant parfois) une cathédrale du savoir parallèle incroyable. Il n'est pas la peine de redire qu'il faudrait être dingue pour lire ce tome 7 sans avoir lu les précédents.

 

Pendant que nous y sommes, signalons la sortie (très récente quant à elle) du deuxième numéro de la revue Dodgem Logic de Moore, soutenue par un chouette site et qui se présente un peu comme un magazine de curiosités autour de l'éternelle ville de Northampton. Moore y parle avec ses amis de magie, d'histoire et de sexe. Le n°2 évoque notamment les "pénis bizarres" et comprend une BD de 8 pages inédite dessinée par le Big Man lui-même. Pour quelques livres et 52 pages (qui risquent de devenir très vite collector), il serait bête de s'en priver.

 

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