Prix littéraires et menue monnaie

20/10/2008 - 11h45
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En ces temps de course aux prix littéraires et de crise fincancière, la question de la dotation pécuniaire, jugée plutôt vulgaire en France, se pose. En effet, outre le coefficient multiplicateur sur les ventes qu'opèrent certains prix prestigieux- le fameux bandeau Goncourt permettrait de tripler voire quadrupler les ventes du livre élu- est-il lucratif de rafler quelque distinction?

 

La réponse est indéniablement oui. D'abord, par le traitement médiatique systématique des remises de prix, ensuite par leur dotation financière, non imposable et plus ou moins généreuse.

 

En France, les prix les plus prestigieux se glorifient de leur radinerie. Ainsi les prix Renaudot et Interallié sont purement honorifiques, le Goncourt attribue au lauréat un chèque de dix euros symboliques (autant s'abstenir) et le Médicis, 686 €. Cependant, d'autres distinctions sont plus généreuses. Le prix de Flore est doté de 6 100 €, le prix Wepler-Fondation la Poste de 10 000 € . Enfin, la richissime Académie française a les moyens de remettre chaque année 70 prix dont le grand prix du roman (7 500 €) ou le grand prix de la francophonie (22 500 €).

 

A l'étranger, la question de l'argent -comme celle de la nomination des jurys ou des critères de séléction du lauréat- est clairement plus transparente. La dotation des principaux prix commencent à 5 000 € (prix Pulitzer aux Etats-Unis, Strega en Italie ou Victor Rossel en Belgique). Au Japon, le lauréat du prix Akukagawa reçoit 7 370 € et une montre tandis qu'aux Etats-unis, celui du National Book Award reçoit 10 000 € et une sculpture en cristal. Enfin, les prix littéraires nationaux les plus fournis sont allemand ( prix Büchner, 40 000 €), anglais (Man Booker prize, 64 519 €) et espagnol (prix Cervantes, 90 000 €) .

 

Mais le véritable jackpot pour un écrivain, tant en matière de prestige que de liquidités, est résolument le prix Nobel de littérature qui s'élève, tenez-vous bien, à 1,1 millions d'euros! Si les économistes prédisent une "année noire" pour 2009, la petite entreprise de Jean-Marie le Clézio ne devrait pas, elle, connaître la crise.

 

Par Mélanie
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