
"Cette dérive est grave. Elle a été initiée par Franz-Olivier Giesbert, qui a une dent contre le Goncourt et contre Grasset, parce qu'en 1995 il n'a pas reçu le Goncourt pour "" (Grasset).C'est cette histoire-là qu'il raconte quand il dit que je "cherche un bouc émissaire" et que j'ignore que "on n'est pas lauréat avant que le jury libre et souverain ait voté".Il raconte là quelque chose qu'il a vécu et projette sur moi. Mais c'est son histoire. C'est lui qui est blessé, pas moi. J'ai déjà été un candidat déçu à certains prix littéraires, mais j'ai accepté qu'un autre soit récompensé, parce qu'il faisait partie des auteurs sélectionnés. (...)En l'occurrence, je le maintiens : la voix de Franz-Olivier Giesbert a été déterminante. Il dit avoir résisté à une manipulation lancée par Grasset, ma maison d'édition. Mais quelle manipulation a-t-il pu y avoir ? Au 1er, au 2e, au 3e tour, j'ai été désigné avec le plus de voix. Quel besoin aurait eu mon éditeur de manipuler quelque chose ? Sa manipulation à lui est visible, en tout cas. Sa réponse est d'ailleurs très claire : pourquoi, encore une fois, n'a-t-il pas voté pour mon roman puisqu'il le considérait comme "un des meilleurs livres de la rentrée" ? C'est bien lui qui tire toutes les ficelles."
Christophe Donner ( ) était bien parti pour obtenir le prix Renaudot cette année, mais lui fut finalement préféré de Daniel Pennac... qui n'était théoriquement plus en course. Comme on le voit dans les propos ci-dessus, l'esprit de revanche sur fond d'embrouilles entre éditeurs est d'une élégance rare.
Dans la foulée, le prix de Flore, qui récompense des jeunes écrivains à l'avenir prometteur, a été attribué à... Amélie Nothomb, fraîche romancière qui porte tous les espoirs en effet de la littérature de demain. Les Echos relèvent que sur un marché déprimant (c'est nous qui ajoutons le qualificatif) la maison Gallimard est une valeur en hausse avec déjà un Renaudot et un Goncourt dans la besace.
Bref... Tout ça pour dire qu'on publiera demain un entretien avec Marie-Rose Guarnieri, créatrice du Prix Wepler, à notre sens dernière récompense digne de ce nom dans la République des Lettres. Le dixième prix Wepler-Fondation La Poste sera remis demain soir, nous y reviendrons également.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida