Pourquoi les superhéros croient-ils en dieu ?

17/06/2008 - 12h31
  • 0
Pourquoi les superhéros croient-ils en dieu ?
En savoir plus

 

 

 

Il y a des questions idiotes et qui sont vouées à le rester et d'autres qui paraissent incongrues ou débiles au premier abord et qui se changent, au fil de la réponse qu'on y apporte, en quelque chose... d'un peu moins bête. (un bon sujet pour le bac philo ?). Ainsi en va-t-il de l'interrogation posée par le site qui suit, tout en anglais, http://www.adherents.com/lit/comics/comic_book_religion.html et qui s'interroge sur la religion des superhéros dans les comics américains essentiellement. Les couleurs sont criardes, la mise en page plutôt amateure mais l'objet de la recherche est passionnant : en quoi croient les superhéros ? en quel dieu ? en quelle engeance supérieure ? Le site recense plusieurs centaines de cas et détaille les dizaines de religions évoquées dans les comics depuis leur invention, mettant en avant l'extrême diversité des comportements individuels des héros, le surréalisme de certains inventions de scénaristes mais aussi le ralliement de nombre de héros connus à des Eglises bien réelles et établies. On ne sera pas surpris de constater que presque tous les héros ont la foi (la section Athéistes est l'une des moins fournies) mais un peu plus de découvrir les différences fondamentales (et qui expliquent bien des choses) entre les héros majeurs des univers Marvel et DC. , par exemple, est méthodiste, alors que Spiderman est Protestant. (cela explique sa dureté au mal, son sens du sacrifice) est lui de confession épiscopale, entendre catholique. Captain America évidemment est Protestant quand The Atom (un scientifique qui peut grandir ou rapetisser) est Juif.

 

Lex Luthor, le méchant suprême, est quant à lui qualifié de Nietzschéen Athée. Au delà de l'anecdote, le site montre que non seulement on peut être superhéros et croire en Allah, Yahvé ou Jésus-Christ, mais que souvent les principales oppositions superhéroïques (chaque héros a son ennemi préféré) est doublée d'un conflit religieux larvé. Si l'on s'intéresse aux caractères véhiculés par les religions, on se rend compte que les scénaristes (ce à quoi on avait jamais pensé) se sont souvent appuyés dessus pour caractériser leurs héros. Les Musulmans sont plutôt représentés parmi les SuperVillains mais ont pu être incorporés à certains moments parmi les héros pour signifier l'ouverture du genre et son oecuménisme.

 

L'autre question qui peut être posée à travers ce panorama est évidemment la nécessité d'avoir foi en un dieu lorsqu'on est quasiment immortel, invincible et qu'on rêve d'être maître du monde. Là encore, le fait que les superhéros (qui sont souvent des extra-terrestres de formation) croient illustrent 2 points non négligeables :

 

1) que tout homme fort est un homme faible. On a beau pouvoir voler, soulever un tracteur avec le sexe ou faire fondre du babybel avec les yeux, la faiblesse est la caractéristique du bipède conscient, le doute ce qui le constitue à travers le temps, l'espace, etc. Du coup, Dieu intervient dans tous les cas et d'où qu'on se place, pour apporter une super-réponse non aux super-questions mais avant tout aux questions qui hantent le quotidien. Cela contredit évidemment l'idée reçue qui veut que ne croient que ceux qui ont une faille ou une crainte particulière. On peut très bien ne rien craindre et chercher à se protéger. Dire ceci n'est pas grand chose mais prend une certaine importance si l'on considère que même Superman se fait apparemment du mouron... pour pas grand chose.

 

2) que, et là encore on taquine l'évidence, chacun a besoin d'un plus fort que soi. Ceux qui connaissent un peu les débats d'initiés des comics (Hulk est-il plus fort que la Chose ?) liront ici que ces questionnements sont relativisés par les croyances des uns et autres. Chaque superhéros a son talon d'Achille, sa kryptonite mais bien plus que ça, il est tendanciellement attiré vers les autres. A l'exception de quelques loups solitaires (Wolverine peut-être quand il n'est pas dans les X-Men, le Punisher,...) et sur quelques périodes bien marquées, tout héros aussi puissant soit-il éprouve le besoin de s'allier pour survivre et combattre la peine d'être au monde. Les grandes franchises (JSA, JLA, XMen,...) fonctionnent de cette façon. Superman est l'ami forcé de Batman qui le protège de lui-même parfois (voir le récent Justice d'Alex Ross ou Kingdom Come du même). Dieu, dans cet univers, et plus largement dans le nôtre, occupe cette même place, une figure bizarremment plus maternelle que paternelle, plus apaisante que stimulante qui peut, le cas échéant, prêter main forte ou amener une solution au bon moment.

 

Tout ça pour dire que si les superhéros sont humains, les humains ont toutes les chances de se comporter à leur tour comme des superhéros, et qu'encore une fois, on a parlé pour... ne rien dire ou ne dire que ce que tout le monde savait déjà. En cette période d'épreuves de philosophie bachelière, autant dire qu'on est en plein dans l'actualité. Humain trop humain, comme dit Lex Luthor.

 

Vos commentaires

Toutes les rubriques
  • Cinéma
  • /
  • Société
  • /
  • Livres
  • /
  • Télé
  • /
  • Musique
  • /
  • Expos
  • /
  • Forum
articles les + lus
  • la télé qui vous veut du bien La feel good tv, la télé qui vous veut du bien
  • Ces choses à savoir avant un entretien d’embauche
  • BP : la faune marine mutante inquiète
  • Obiwan Kenobi arrêté par la police
  • Si Wes Anderson avait réalisé Battleship Si Wes Anderson avait réalisé Battleship
  • Fast & Furious résumé à ses changements de vitesse
  • rap gay Rap et homosexualité : le début du coming out ?