
Un homme a "écrit" près de 200.000 livres en quelques années. Il s'appelle Philip M. Parker. Faisant suite à un article de Jeff Jarvis, la Social News Room revient sur le travail de ce chercheur à l'INSEAD de Fontainebleau, auteur d'ouvrages traitant aussi bien de chaussures, que de bateaux ou... de chou rouge (entre autres).
Pour produire chacun de ces livres, il faut à M. Parker entre 10 minutes et 2 heures. Vous l'aurez deviné : plus technicien que poète, le chercheur est assisté de robots. Des logiciels qu'il a mis au point, et capables de générer des documents de haute précision, tel que : The 2007-2012 Outlook for Golf Bags in India ; The 2007-2012 Outlook for Chinese Prawn Crackers in Japan ;The 2007 Report on Wood Toilet Seats: World Market Segmentation by City (les sacs de golf en Inde, les chips-crevettes chinoises au Japon, le marché des lunettes de toilettes en bois).A partir de requêtes bien détaillées (sujet de l'étude, pays, période), le système de M. Parker analyse des millions de données éparpillées sur la toile, les sélectionne et les agence, proposant au final des sommes d'informations assez ordonnées pour devenir des livres. Imprimés à la demande, ceux-ci sont vendus sur Amazon.
Dans son article, Jeff Jarvis rappelle que la production d'articles informatisée n'est pas une invention en soi : il y a eu StatSheet, un site d'infos sportives entièrement automatisé, ou encore Thomson Reuters qui emploie des robots depuis 2006. M. Parker n'a fait qu'appliquer ce système à des objets d'études plus vastes (infinis), révélant l'incroyable potentiel (infini) de celui-ci.Une telle démarche suscite évidemment de nombreuses objections, portant notamment sur la fiabilité des sources, les problèmes de droits, etc., mais également sur le fait qu'un robot ne pourra jamais produire que de l'information ultra-formatée. Oui, mais Parker a analysé le contenu des infos à la télé, en a tiré la conclusion que 70% de ce contenu étaient tout aussi formatés, et pourraient donc être produits par des robots. Dans l'idée du scientifique (partagée par Jarvis), laisser faire les machines - quand elles en sont capables - permet un gain de temps considérable pour les chercheurs ou les experts, qui pourront alors mieux se consacrer à d'autres tâches plus qualitatives.
Pour en savoir plus : le New York Times et The Annals of Improbable Research ont consacré en 2008 un article à Philip M. Parker (le second est repris sur Neatorama). Le chercheur explique également le processus de génération d'un livre dans une vidéo qu'il a réalisée.
Par Céline Ngi Follow @Fluctuat_livres
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