New York 1947: y'a bon l'uchronie

17/10/2011 - 15h12
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L'auteur
Benjamin Berton
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Exceptionnel, c'est l'adjectif qui vient à la bouche et à l'esprit lorsqu'on cherche à décrire la qualité du dessin de Ronan Toulhoat, le quatrième album de la série Blok 109, scénarisée par Vincent Brugeas. Leurs précédents bouquins, celui-ci étant le 4ème de cet univers uchronique, avaient déjà été signalés comme des réalisations majeures de la BD française depuis quelques années mais New York 1947 marque un tournant tant on a le sentiment d'une progression graphique exceptionnelle et inattendue au fil des titres. Le scénario de l'épisode est à la fois classique et fascinant. Alors que le Reich, désormais dirigé par Himmler, est encore en pleine forme, les nazis ont testé (nous sommes en 1947) un sorte d'arme bactériologique sur New York, un virus qui change les hommes en monstres/zombies. Un commando de choc est envoyé au coeur de la Grosse Pomme pour voir ce qu'il en est et récupérer des informations précieuses pour la suite des événements. Il va se faire massacrer par les "personnes" qui hantent désormais la ville. Si le scénario de Vincent Brugeas est classique, voire un peu décevant, il est suffisamment référencé (et bien), entre les films de Carpenter (New York 1997 et son Plissken indépassable), de Danny Boyle et les récentes fantaisies de Neil Marshall, autres Mad Max et films de genre tarantinesques, pour ne pas faire tâche. Pour le reste, le dessin de Toulhoat se suffit à lui même, rappelant par ses couleurs et ses dégradés de gris, la palette numérique remarquable du Gene Ha du dernier Top Ten, scénario par Alan Moore.

 

D'une manière générale, on peut même considérer avec un peu d'indulgence que la simplicité du scénario, son côté coup de poing, sert l'impact du livre, sorte de résidu moelleux et moellé d'un genre qui tient du survival, du film carcéral et du shoot them up. Le commando est lui-même composé de figures rappelant les personnages de jeux vidéo et de série : le journaliste, le fou de la gâchette, la femme, etc. La force de l'uchronie fait la différence au point qu'on ne se lasse pas d'arpenter ces peintures désolées d'un New York impressionnant de mélancolie et de vide. La fin du tome a des airs de pirouette bringuebalante et alors ? new York 1947 rappelle que la BD est un sport cérébral qui repose essentiellement sur les qualités graphiques. A vrai dire, dans ce décor là, le lecteur se suffit à lui même pour s'autoraconter les histoires qu'il... veut. C'est assez mal dit mais l'idée est là : fais ce qu'il te plaît et garde les mirettes ouvertes. Comme dit la formule consacrée, on attend la suite avec impatience. Avec ou sans les nazis.   

 

Par Benjamin Berton
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