Mort de l'écrivain Agota Kristof

28/07/2011 - 11h22
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L'auteur
Céline Ngi
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Ecrivain connue et récompensée maintes fois pour son oeuvre romanesque, Agota Kristof est morte le mercredi 27 juillet à l'âge de 75 ans à Neuchâtel, en Suisse.

Né en 1935 en Hongrie, Agota Kristof avait fui son pays en 1956, à l'âge de 21 ans, au moment où le mouvement de protestation contre le régime soviétique est écrasé par l'armée à Budapest. Après un passage par Vienne en Autriche, elle s'installe avec son mari et sa fille à Neuchâtel, ville romande qu'elle ne quittera plus. C'est à cette époque qu'elle commence à rédiger des poèmes, fortement marqués par son expérience de la migration forcée. Ecrivant d'abord en hongrois, elle choisira par la suite sa langue d'adoption, le français, pour sa carrière littéraire. Ses premières publications sont des pièces de théâtre dont 9, sur 23, seront jouées en public.

 

C'est avec son premier roman, (1986), que Kristof connut le succès. Dans un style sombre et minimaliste, elle y raconte l'histoire de frères jumeaux pris dans la tourmente de la guerre : le froid, la faim, la saleté, et autres expériences cruelles sont ainsi rapportés du point de vue des deux enfants, entre lucidité et naïveté. Ce récit à l'humour noir, très marquant, est si bien accueilli que l'écrivain décide d'en faire une trilogie, qui sera donc complété par (1988) et (1991). Une citation extraite de ce troisième volume est souvent reprise pour définir l'ensemble de l'oeuvre de Kristof, qui dans toute sa cruauté, n'est encore qu'un pâle reflet d'une réalité plus dure encore : "Si triste que soit un livre, il ne peut jamais être aussi triste qu'une vie."

Après la trilogie du Grand Cahier, Kristof publie le roman Hier. Elle ne reviendra ensuite sur la scène littéraire que dix ans plus tard, avec (2004), présenté comme un récit autobiographique, et qui marquera également la fin de ses activités d'écriture. Elle avait accordé peu de temps après la parution de ce récit une interview au Magazine littéraire (que l'on peut lire ici). Elle y décrivait alors son état, proche de celui de l'un des personnages de son livre : "Tout m'est égal maintenant, même l'écriture. Ça m'a beaucoup importé mais plus maintenant", affirmait-elle. Avant d'ajouter plus loin : "ça me suffit de me lever le matin. Je me contente de vivre le plus simplement possible. Je n'ai plus besoin de chercher autre chose. Je déteste les voyages. Je n'aime rien d'autre que mes enfants. Je n'ai aucun désir de faire quelque chose de précis."Photo © ANDERSEN/SIPA

Par Céline Ngi
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