
Pierre Michon le surnommait Bob. Nous, on saurait surtout reconnaître les fameux ouvrages à couverture jaune, qui ont juste donné à la littérature contemporaine ses noms essentiels. Gérard Bobillier, directeur et fondateur des éditions Verdier, est mort le lundi 5 octobre à Carcassonne, emporté par un cancer à l'âge de 64 ans.
Sur le Tiers Livre, François Bon, qui a rejoint les éditions Verdier avec (1992), rend hommage à l'éditeur qui, après Jérôme Lindon, avait su créé un « partage de sang » entre les écrivains qu'il publiait : Olivier Rolin, Pierre Bergounioux, Pierre Michon, Didier Daeninckx...
Né en 1945 à Besançon, Gérard Bobillier s'était engagé à l'époque de 68 dans la cause révolutionnaire, notamment auprès de la Gauche Prolétarienne. En 1979 , c'est dans le pays des Corbières qu'il fonde, en 1979, avec Benny Lévy et quelques amis, les éditions Verdier, comme un prolongement sur le plan de la pensée des combats qu'il a menés.
Trente ans plus tard, le catalogue des éditions Verdier témoigne de l'exigence et de l'humanité d'un parcours : des ouvrages fondateurs, comme les Traités du Talmud ou le Zohar, des grands textes de philosophie (Premiers principes de Damascius) des textes de sciences humaines comme ceux d'Henri Meschonnic, mais aussi des auteurs exceptionnels, comme Michon et Bergounioux bien sûr, mais aussi antoine volodine, parce que Gérard Bobillier était convaincu que « la littérature est la chair de pensée ».
Gérard Bobillier était également à l'origine du « Banquet du livre », manifestation autour du livre et de la pensée, de l'échange et de l'étude, se déroulant chaque année à Lagrasse depuis 1995, et dont François Bon se remémore « l'accueil à la grande table de bois sous les arbres de Verdier, la ferme historique des Corbières. »
Photo : Gérard Bobilier © Louis Monier/Verdier
Par Céline NgiFollow @Fluctuat_livres